Réseau école du Parti communiste français

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Sondages : lutte des classes à l'américaine

le 11 avril 2012

Sondages : lutte des classes à l'américaine

Martine Jacot, du Monde, n'en revient pas : les Américains « estiment que la lutte des classes est de retour ». C'est le titre de son papier (29/1/2012) dans le supplément « Géo & Politique ». En effet une enquête, réalisée par le Pew Research Center de Washington entre le 6 et le 19 décembre 2011 auprès de 2000 adultes, indique que pour 66% des sondés, la première cause de tensions au sein de la société américaine sont des conflits « forts ou très forts » entre riches et pauvres. Si jusqu'ici ces sondés mettaient en avant des thèmes comme l'immigration ou le racisme comme principales préoccupations, aujourd'hui c'est la lutte des classes qu'ils pointent du doigt. « Un curieux retournement » pour la journaliste, qui estime qu'il faut remonter aux années 1920-1930 pour trouver une telle grille de lecture. Les raisons ? L'explosion des inégalités et l'écho du mouvement « Occupy Wall Street »

Diriez-vous que la principale source de tension au sein de la société est due aux conflits (forts ou très forts) entre riches et pauvres ?

 

 

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La même question posée aux électeurs républicains

 

La Revue du Projet, n° 16, avril 2012
 

 

Sarkozy, la haine de classe

le 19 mars 2012

Sarkozy, la haine de classe

Un spectre hante le monde du droit social : le retour de l’homme au couteau entre les dents. À lire le Figaro, les « DRH » du pays ont des « sueurs froides ». Une association prétendument réputée d’avocats en « droit social » alerte les candidats à l’élection présidentielle face au danger imminent d’« une immense insécurité pour les employeurs, PME ou grands groupes, français ou étrangers ». En cause, une double impudence : de Vivéo à Sodimedical, des salariés osent demander raison aux patrons voyous aux profits florissants, qui bradent leur savoir-faire en recourant à des plans de licenciement pour « motifs économiques » ; et des juges qui, de première en seconde instance, osent à leur tour leur donner raison.

Avec une célérité qu’on ne lui connaissait guère, la Cour de cassation aura mis moins d’un an pour instruire le dossier. On a là, sur le terrain judiciaire, l’exemple même de la « lutte des classes » que le président des riches feint de croire disparue et dont il agite l’autre spectre du retour si jamais la gauche l’emportait le 6 mai prochain.

En vérité, la lutte des classes n’a jamais été aussi impitoyable que depuis 2002 et, pis, avec l’avènement au pouvoir de la bande du Fouquet’s. Quelque chose a commencé 
à changer. Ses premières victimes relèvent la tête, celles et ceux dont le travail, vivant ou sacrifié, des uns fait les profits et l’insolente richesse des autres – qui ne cesse de croître en dépit de la crise. Plus dur encore pour cette droite ultra-réactionnaire toute au service des intérêts de sa classe, leurs luttes n’acceptent pas de parenthèse électorale et leurs exigences font irruption dans le débat politique.

Ceux qui, à gauche, sauront porter ces voix, y répondre avec le plus de précision, de crédibilité et d’efficacité contribueront de façon décisive, non seulement à changer de pouvoir, mais à ancrer dans la vie et la durée le changement nécessaire.

De Marine Le Pen à Nicolas Sarkozy, contraints et forcés, on a cru pouvoir teinter son discours d’une soi-disant prise en compte de ces profondes aspirations populaires et sociales. Ravaler la façade xénophobe, raciste du FN, faire oublier, pour le second, la politique menée durant cinq ans et qui se conclut sur le vote à marche forcée de la TVA « sociale ».

Jean-Luc Mélenchon a réussi à faire se lézarder le masque de la première. Celui du candidat à sa propre succession, déjà las de poser au « candidat du peuple », est tombé. Dans un cas comme dans l’autre, chassez le naturel, il revient au galop. Le Pen tente de faire diversion sur le terrain de l’immigration et de l’insécurité. Sarkozy, en lieu et place des accents « gaulliens » annoncés, use de la même musique de la haine et de la division.

Des hérauts du CAC 40 
à la tête du Medef, on parie sur cet air-là. La crise 
peut le porter. Il n’en demeure pas moins que, par dizaines de milliers, singulièrement avec la campagne collective du Front de gauche, des hommes et des femmes, de leurs luttes à leurs bulletins, commencent 
à faire l’effet d’un coup de pistolet dans le concert 
d’une campagne des plus inédites.



Tribune Libre : Que sont mes A-A-A-mis devenus ?

le 24 janvier 2012

Oh rage oh désespoir, oh agence ennemie,
N’aurai-je donc gouverné que pour cette infamie ?
Mon triple A perdu, que vais-je devenir,
Plombé par la promesse que je n’ai su tenir ?

Librement adapté de Sarkorneille

En ce vendredi 13, on pleurait dans les chaumières, et plus encore dans les palais ; on pleurait, mais sans dire au bon peuple ce que sont vraiment ces agences de notation, les Standard & Poor’s, Moody’s et autres FitchRatings. Ce sont, il faut le savoir, des entreprises privées, qui n’ont que l’importance que l’on veut bien leur donner… Soumises à la Loi ( !) du marché et avides d’être rentables elles vendent leurs analyses à qui veut bien les acheter. Et pourquoi faire, je vous prie ? S’informer peut-être, spéculer surement !

Incontestablement, la matière grise y règne, et leurs experts sont infaillibles. Souvenez-vous – car on oublie parfois… Avant 2008, oui 2008, l’année de la crise des subprimes aux USA, qui a déclenché le merdier économique où nous nous débattons… les subprimes bâties sur un système pyramidal (illégal) dont on pouvait prévoir (sans sortir de Sup de Co) qu’elles nous pèteraient au nez ! Et bien, ces produits « toxiques » -comme on dit- bénéficiaient d’un triple A

Curieusement, les critères retenus par nos chères agences sont exclusivement financiers. Les efforts accomplis dans les domaines sociaux, environnementaux… ? Broutilles que tout cela ! Elles n’évaluent que dans le seul domaine qui soit véritablement sérieux : le fric, le flouze, la thune, le pèze, le grisbi…et j’en passe !

Et puis, je m’interroge… Warren Buffet (rien à voir avec Marie-George !), ça vous dit quelque chose ? Dommage, c’est une des plus grosses fortunes des Etats-Unis qui dans un moment de sincérité cynique a un jour déclaré :
La lutte de classes entre les riches et les pauvres ? Bien sûr qu’elle existe, et c’est nous qui la menons et nous sommes en train de la gagner.
Accessoirement, Mr Warren Buffet est le plus gros actionnaire de Moody’s,

et les spéculations financières, gageons que ça le connait !

Jean Géron