Réseau école du Parti communiste français

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Carnets Rouges n°8, octobre 2016 : Chacun pour soi ou savoirs pour tous : quelle école pour demain ?

 

 
 
Au sommaire :
 
Christine Passerieux et Patrick Singéry Edito page 1

Lucie Tanguy La neutralité de l'école en question page 4
A tous moments de l'histoire, l'école a été objet de disputes, de luttes quant aux missions à lui assigner et aux transformations pour ce faire. C'est qu'elle représente une institution centrale, notamment en France où elle a été construite dans le registre politique comme un des piliers de la IIIème République et, de ce fait, est restée une affaire d'Etat. Cette foi en l'Etat rend invisible nombre de changements qui le travaillent dans sa composition, son fonctionnement, les politiques qu'il impulse, les principes et valeurs qu'il défend : transformations qui sont analysées, selon les politistes, en termes de retrait, de dessaisissement, voire de désintégration. Autant de mots qui désignent un différentiel de changements notables diversement qualifiés...

Christine Passerieux Les mystifications de « l’innovation » page 8
L’innovation, la « révolution » pédagogique sont devenus des produits qui se vendent bien, d’autant mieux que l’école française est la plus sélective de l’OCDE, et que, comme le signale le rapport Delahaye « la résistance à la démocratisation de la réussite est très forte ». Relayés par l’institution pour beaucoup, par les médias très largement, ces « bouleversements » annoncés (et souvent autoproclamés) rencontrent un succès contrasté dans le monde enseignant, de plus en plus confronté à des difficultés dans l’exercice du métier ; privé d’une formation initiale qui outille vraiment et d’une formation continue permettant de penser la pratique de son métier avec d’autres ; soumis aux injonctions contradictoires de sa hiérarchie ; rendu responsable de l’échec scolaire...

Annie Mandois Levallois-Perret, les Hauts de Seine : terres d’expériences pour l’offensive libérale contre l’école page 11
« Quand l’Entreprise fera Ecole…. En 2015 » (rêve patronal en 1996)
Voilà plus de 20 ans que sévit l’offensive libérale contre l’école lancée dans les années 80/90 par les grands industriels et grands financiers internationaux et européens avec l’appui de tous les organismes publics et privés telle l’OCDE, l’OMC, le FMI et la Commission européenne, afin de réduire au  strict minimum l’intervention publique en  privatisant tous les secteurs de  l’enseignement et développer un « grand marché de l’Education » au service total de l’économie capitaliste.

Basile Ducerf Comment sortir du modèle néolibéral de concurrence des individus en éducation ? page 13
Les forces idéologiques capitalistes font encore une nouvelle poussée dans les milieux pédagogiques. L'éducation doit être individualisée. Sous le charme de la réussite de tous, l'incorporation facilitée des idéologies de concurrence et d'isolement de l'individu est malheureusement suspectée. Il est donc primordial de repenser le collectif en dehors d'un agrégat d'individus ou d'élèves. L'éducation ne se doit-elle pas de participer à faire groupe ? Comment, alors, (re)faire du collectif ?

Stéphane Bonnéry Pour une école de la réussite pour tous page 16
Un projet politique, en matière scolaire comme dans d’autres domaines, ne se décrète pas dans l’absolu, mais à partir des évolutions du monde, de l’analyse que l’on fait de celles-ci et des défis que l’on décide de relever. Savoirs et pratiques scolaires constituent un enjeu de pouvoir et d’alliance entre classes sociales dans un contexte renouvelé.

Jean-Louis Martinand Cultures techniques et professionnelles dans l’école de demain : quelques enjeux et problèmes page 19
Avec le passage au XXIè siècle, sous l’influence de l’Organisation de Coopération pour le Développement économique et les injonctions de la Commission européenne, les décisions de politique éducative touchant à l’organisation et aux programmes des enseignements primaires et secondaires ont généralisé une conception économiste de l’école, vue comme une organisation de production de compétences évaluables. S’y ajoute un discours moderniste sur les méthodes et les outils, en particulier numériques, devant permettre de remplir cette fonction, et une multitude de « valeurs » pour modeler les comportements. La question des connaissances est relativisée, et celle de la (ou des) culture(s) ainsi transmise(s) ou reproduite(s) est occultée.

Valérie Sipahilamani Démocratisation, démocratie, passer du verbe aux actes page 22
L’école française, espace de démocratie ? Ce n’est actuellement à l’évidence pas le cas. Que ce soit sur le plan des destins scolaires des élèves, encore trop largement liés à leurs origines sociales, ou sur celui de l’organisation de la vie dans les établissements, visant avant tout la paix scolaire, la démocratie n’est pas la qualité première du système éducatif. Il faut que cet état de fait change : le pays doit assurer la formation de la jeunesse dans son ensemble, tant pour des raisons de justice sociale que par nécessité économique. L’école ne peut, à elle seule, contrecarrer tous les maux de la société, mais elle ne devrait pas aggraver la situation, et en particulier les inégalités sociales. Elle devrait aussi donner les clés pour comprendre ce qu’est un espace démocratique et comment il est possible d’y agir.

Mathieu Brabant Quelle place pour la formation professionnelle initiale au lycée ? page 24
La formation professionnelle est à la « mode ». Chaque semaine, les médias reprennent la volonté de « revaloriser la formation professionnelle » et autres expressions toute faites. Mais pas une seule fois, ou si peu, l’expression « lycée professionnel » n’est prononcée. Lorsque l’on parle de la formation professionnelle initiale, les médias et les politiques ne parlent en réalité que de l’apprentissage. Jusqu’à la caricature et cette cérémonie des Olympiades des métiers à Montpellier et à Toulouse en mai 2016 où les lycéen-ne-s des lycées professionnels ont tout simplement été « oubliés » dans le discours de la présidente de Région LRMP. La formation professionnelle initiale n’aurait donc plus sa place dans les lycées ?

Julien Netter Délimiter les apprentissages scolaires pour aider tous les enfants à apprendre page 26
Plusieurs formes d’apprentissage coexistent dans les écoles françaises. Ce constat, s’il n’est pas nouveau, a été singulièrement renforcé par la récente réforme des rythmes scolaires. À côté des apprentissages scolaires traditionnels encadrés par des enseignants, des projets et des activités variés font intervenir des animateurs ou des intervenants associatifs, dans le cadre scolaire ou pendant les temps périscolaires, dans des locaux dédiés ou dans les salles de classe. Les contenus de ces activités sont parfois très proches de ce qui est travaillé en classe mais parfois bien différents.

Patrick Lamouroux Accompagner les enseignants pour parvenir à penser ensemble ce métier ? page 29
L’Education nationale traverse une période de réformes concernant l’ensemble du système. Le sens des mesures d’accompagnement à effectuer se doit d’être en cohérence avec le projet politique annoncé. Faut-il rappeler qu’en décembre 2013, dans la lettre qu'il adresse au Conseil Supérieur des Programmes pour lui confier l’élaboration des nouveaux programmes de la maternelle, le ministre souligne ainsi, en accord avec les résultats des recherches en éducation, « que les écarts de réussite entre élèves originaires de milieux sociaux différents ont plutôt tendance à s'aggraver » alors que « les systèmes qui corrigent les inégalités sont souvent aussi les plus performants » ?

Marine Roussillon L’enseignement à l’heure du numérique page 32
Les nouvelles technologies du numérique transforment le travail, les loisirs, l’économie, la démocratie... Elles ne peuvent pas rester étrangères à l’éducation des citoyens et des salariés de demain. La révolution numérique doit changer l’école. Mais en quoi ? Les injonctions sont multiples, et pas toujours cohérentes. Faut-il utiliser le numérique pour motiver les élèves, ces digital natives, bien plus capables de réussir si on leur met un ordinateur entre les mains que si on leur confie une feuille et un stylo ? Faut-il mettre en place un enseignement d’informatique, comme le préconise l’Académie des sciences, pour apprendre aux jeunes à manipuler des outils nouveaux, voire leur en donner la maîtrise ? Faut-il plutôt permettre à tous les jeunes de s’approprier une pensée complexe, pour les préparer à vivre dans une société de plus en plus façonnée par les savoirs ?

Jean-Luc Villin Pour un grand projet éducatif national et un grand service public de l’Education page 35
Le grand projet de refondation de l’école engagé au début de ce quinquennat promettait une petite révolution dans le système éducatif français pour, d’une part, reconstruire une école fortement dégradée par les politiques destructrices de N. Sarkozy et, d’autre part, bâtir les fondations d’une école de la réussite pour tous, démocratique, novatrice, et modernisée. Quatre ans après, la déception est grande, le grand projet de refondation s’est distillé dans les politiques d’austérité dévastatrices pour les services publics. 

 Gilbert Boche. Catherine Sceaux Renouveau pédagogique au Québec ? page 38
Ce texte est un compte-rendu de lecture du rapport « Perceptions de l’enseignement et réussite éducative au secondaire, rapport d’évaluation d’une réforme pédagogique au Québec, menée de 2005 à 2010. Ce rapport d’évaluation  a été dirigé par Simon Larose et Stéphane Duchesne, de l’université Laval au Québec, membres du groupe de recherche sur l’inadaptation psychosociale des enfants. (Août 2014)

 

Propositions de lecture page 41

Entretien avec Sia Anagnostopoulou, ministre grecque de l’éducation page 46

 
 

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