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Débat : "La laïcité est-elle encore révolutionnaire?" : compte-rendu et enregistrement

Article paru dans Le Patriote

Débat organisé par la revue Carnets Rouges du Réseau Ecole du P.C.F à la fête de l'Humanité Vendredi 11 septembre 2015.

Avec Christine Passerieux, rédactrice en chef de la revue, Pierre Dharréville, membre de l'exécutif national du P.C.F., Yves Peuziat, bureau national Syndicat des Inspecteurs d'Académie, Catherine Robert , professeur de philosophie, et 50 participants...

"Charte de la laïcité", "Education civique et morale", "Vivre ensemble" ...: C'est parce que ces mots recouvrent un enjeu politique majeur dans l'école et bien au-delà que les membres de la revue ont choisi de les mettre en débat :

Quel sens peut avoir cette injonction au "vivre ensemble" alors que les classes populaires sont de fait largement interdites d'accès aux apprentissages et qu'une partie de la population est stigmatisée en raison de son appartenance supposée à telle ou telle "culture", "religion", "origine".

Avant de savoir comment vivre ensemble, il faut savoir avec qui l'on vit, il faut admettre la nécessité d'entendre le point de vue de l'autre.

La méconnaissance, voire l'ignorance, de la culture de l'autre entraîne peur et repli identitaire qui interdisent toute possibilité de construire les conditions d'une société commune..

L'anthropologie nous dit par exemple que tous les "petits d'homme", quelque soit leur culture d'origine, respectent les anciens et ceux qui savent. Ce qui change ce sont les modalités de ce respect qui, si elles ne sont pas connues, engendrent des malentendus et des conflits culturels, qui masquent le plus souvent des conflits économiques et sociaux.

Les replis identitaires que l'on peut constater actuellement, que ce soit au nom d'une "religion" (Boko Aram, Daesh, "la manif pour tous"), au nom de la "sécurité" ("choc des civilisations", "grand remplacement") ou au nom d'un fatalisme économique (" TINA: There Is No Alternative") sont bien des tentatives de division du (des) peuple(s).

 

Et c'est bien contre ces tentatives d'une division mortifère, d'où qu'elles viennent, que doit être pensée, élaborée, construite la laïcité:

Une laïcité qui permette les conditions de l'émancipation individuelle et collective, et non pas une pseudo laïcité, instrument de domination de classe, de la remise au pas de classes (et de générations) qui seraient par essence dangereuses.

Une laïcité de l'égalité des droits, et non pas une pseudo laïcité décrétée d'en haut, imposant l'acceptation plus ou moins forcée d'un système éducatif largement inégalitaire.

Une laïcité qui permette à l'école de la République, dans ses programmes, dans ses modalités pédagogiques, d'avoir comme objectif non pas simplement d'apprendre (les savoirs,les règles, les "bons" comportements...), mais de com-prendre le monde.

 

Bref, une laïcité qui, renouant avec son histoire révolutionnaire ("1789 plutôt que 1905"), soit un outil de transformation d'un monde qu'il est urgent de rendre plus juste et humain.

C'est tout l'enjeu d'un débat qui doit continuer à être mené dans la société, avec les "forces progressistes" et... au P.C.F.

Patrick Singéry

A lire:

- Carnets Rouges n°4.

- "La laïcité n'est pas ce que vous croyez", Pierre Dharreville, les éditions de l'atelier.