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Tract : Réforme du collège : la faire reculer pour avancer !

Le gouvernement aimerait faire croire que tous ceux qui rejettent la réforme du collège, demandent le retour au statu quo, ou pire encore, le rétablissement de voies d'étude différenciées au collège et des sorties d'étude précoces, comme le fait la droite. Et pourtant… De plus en plus d’enseignants et de parents rejettent cette réforme au nom de l’égalité et de la réussite de tous.

Provoquer un "choc d'ambition" du collège par le haut

Puisque Françoise Hollande a le goût des chocs, suggérons lui celui d'une vraie élévation de la formation de tous les collégiens. Les collégiens de la rentrée 2016 travailleront encore dans la seconde moitié du siècle, sans parler de la responsabilité des choix de société qu'ils auront à faire. Il faut leur en donner les moyens, à tous, sans exception. Le pays a besoin de l'égalité des formations et des acquisitions… et pas d’une égalité des chances, dans une loterie dont la majorité des enfants sortiront perdants ! Le collège doit être pensé comme l'étape commune d'une scolarité obligatoire allongée depuis la maternelle et au moins jusqu'au baccalauréat. Il n'est pas encore le moment des choix professionnels - qui pense qu'on peut les faire librement à 15 ans ? - mais celui d'une construction partagée des savoirs, d’une ouverture vers la plus vaste gamme d'horizons nouveaux. Viendra plus tard le temps des spécialisations, et d’une orientation qui pourra alors ne plus être subie. Cette mesure essentielle desserrerait aussi l'étau de la sélection qui pèse sur l'organisation du collège et crée chez les élèves et leurs parents une angoisse néfaste à la sérénité des apprentissages.

Créer du commun, pas du différent

Il faut tordre le cou de l'équation libérale qu'on veut nous imposer : la liberté serait l'autonomie, les choix individuels, la personnalisation des parcours. Quelle initiative dans un contexte où l'étranglement des moyens et les logiques de concurrence entre établissements font de chaque collège le rival de l'autre ? où l'on transforme les chefs d'établissement en managers ? où l'on impose aux équipes d’avoir plus de résultats avec moins de moyens, sous une pression hiérarchique renforcée ? où a carotte des primes fait mal oublier la misère des salaires enseignants? La liberté pédagogique n'est pas de faire ce qu'on veut dans sa classe, mais de maîtriser les enjeux des choix à opérer pour atteindre les buts communs : seule une formation initiale et continue de qualité le permet. D'un établissement à l'autre, quoi de commun désormais ? 20% de l'horaire officiellement différencié, auquel s'ajouteront les variantes d'interprétation des programmes disciplinaires imposées par la réduction de leurs horaires. Sous couvert de bienveillance, on enferme chaque élève dans la camisole des possibilités et des rythmes qu'on lui décrète propres , par un gigantesque bond en arrière sur les dons et une négation du "tous capables " inscrits dans la loi de refondation. Cette logique d'offres et de parcours différenciés est celle de l'enseignement privé, qui prospère de ce système, pas d'un service public qui joue son rôle. Il faut un cadrage national rigoureux des horaires et programmes.

Mettre les enseignements au service de la formation intellectuelle, pas du tri scolaire

Le débat entretenu sur les langues anciennes, les classes bilangues, européennes, est pipé. On confond à dessein deux réalités : celle des contenus enseignés, et celle de l'instrumentalisation qui en est faite au service du tri scolaire. Le latin, les langues vivantes, ne sont pas sélectifs par nature ! Dans certains établissements, les efforts des équipes peuvent permettre d'en faire autre chose. Et si au lieu de dévoyer l'usage des langues, on réfléchissait à intégrer leurs apports dans la construction d'une culture commune identique pour tous ?

Construire une pédagogie qui démocratise le collège

Loin des vieilles lunes prônées par la réforme, il faut construire les outils pédagogiques qui cassent les frontières et renversent les barrières : il n'y a pas d'enseignements pratiques et d'enseignements théoriques, mais une articulation à mettre en évidence. Pas d'obstacle d'apprentissage infranchissable : au lieu de décréter inaccessibles pour tous certains savoirs, et de les déscolariser en guise de démocratisation, il faut renouveler leur transmission en prenant pour modèle les élèves qui n’ont pas accès à ces savoirs ailleurs qu’à l’école. Permettre aux équipes pédagogiques et aux chercheurs de travailler ensemble est essentiel, pour ancrer dans la réalité ces choix pédagogiques nouveaux et ambitieux.

Et des conditions d'étude égales pour tous

Parce qu'on apprend mal le ventre creux et les poches vides, il faut aller vers une gratuité complète du collège : restauration scolaire, transport, matériel, sorties. Parce que des inégalités fortes sont installées dans le territoire, il faut élaborer des outils nationaux d'élaboration d'une carte scolaire contraignante, de régulation des affectations et des répartitions des moyens ,et de correction des inégalités et des ségrégations. Parce que l'éducation est un droit essentiel qui ne peut faire l'objet d'un commerce, il faut lutter contre les privilèges de toute sorte laissés à l'enseignement privé et aux officines diverses qui sévissent dans ce secteur. Ne laissons pas aux forces réactionnaires le soin de défendre un collège qu'elles veulent toujours plus sélectif. Portons l'exigence d'un collège qui s'attaque enfin aux inégalités !

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