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La réforme du collège permettra-t-elle de combattre les inégalités scolaires ?

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Les points de vue de Nicolas Sembel, sociologue, Espé Aquitaine, université 
de Bordeaux, Roland Hubert, cosecrétaire général 
du Snes-FSU et Marine Roussillon, responsable du réseau école du PCF

  • La réforme du collège ne combat pas les inégalités sociales par Nicolas Sembel, sociologue, Espé Aquitaine, université 
de Bordeaux
  • Diagnostic convenu, solutions inopérantes par Roland Hubert, cosecrétaire général 
du Snes-FSU 
  • Réforme du collège : erreur de diagnostic par Marine Roussillon, responsable du réseau école du PCF

    Pour lutter contre les inégalités, encore faut-il en identifier les causes. Selon Mme Vallaud-Belkacem, les difficultés rencontrées par les élèves au collège tiendraient au caractère trop théorique – et donc ennuyeux – de l’enseignement. Il suffirait donc de mettre en place des enseignements plus « pratiques » pour faire réussir tous les enfants. Ajoutez à cela l’individualisation des parcours (options différentes selon les élèves et les établissements, accompagnement personnalisé) et vous aurez la réforme du collège. Rien de neuf en vérité : les mêmes clichés ont inspiré la réforme du lycée mise en œuvre par l’UMP puis la réforme des rythmes scolaires. Derrière des constats d’apparent bon sens, se cachent nombre de contre-vérités. Opposer théorie et pratique, penser qu’un cours de maths est « théorique » tandis qu’un cours de sport ou de musique relèverait de la « pratique », c’est ignorer ce qui se passe dans les classes. Dans toutes les matières, les élèves construisent une réflexion sur leurs pratiques. 
Opposer théorie et pratique, c’est revenir à la vieille opposition entre des élèves « manuels » (bizarrement toujours issus des classes populaires) et « intellectuels », c’est faire passer des inégalités pour naturelles pour mieux les perpétuer. Nous sommes bien loin du « tous capables » inscrit dans la loi de refondation.

    L’individualisation n’a jamais permis de lutter contre les inégalités. Au contraire, elle isole les élèves dans la difficulté. Associée à l’autonomie des établissements, elle accroît les inégalités et met en concurrence les enfants, les personnels et les territoires. Chaque collège cherchera ainsi à attirer les meilleurs élèves par son offre pédagogique et les familles seront, plus encore qu’aujourd’hui, prisonnières d’un « marché de l’éducation ». Après les attentats de janvier, tout le monde semblait d’accord pour exiger de l’école qu’elle produise du commun, qu’elle enseigne le partage et la coopération. Si nous voulons aller dans cette direction, il est grand temps de rompre avec ces logiques libérales.

    Au contraire, il est urgent de redonner du sens aux apprentissages. Aux enfants, il faut donner le temps d’apprendre des savoirs plus complexes et de se les approprier. C’est pourquoi le PCF demande l’allongement de la scolarité obligatoire et s’oppose à toutes les tentatives de réduire le temps passé à l’école. Les enseignants aussi ont besoin de temps pour réfléchir sur leurs pratiques : une entrée dans le métier plus progressive, une formation initiale et continue ambitieuse et des heures de service consacrées au travail en équipe.Enfin, on ne peut que s’étonner que la ministre n’ait rien à dire sur le problème majeur du manque de moyens. Depuis plusieurs semaines, des collèges se battent pour obtenir les moyens humains nécessaires pour enseigner dans des conditions à peine correctes. Les postes supprimés par la droite n’ont toujours pas été recréés, les élèves arrivent plus nombreux au collège, les classes sont surchargées, les professeurs absents ne sont plus remplacés. Sur tout cela, la ministre n’a donc rien à dire ? Comme tous les services publics, le collège subit une politique d’austérité qui accroît les inégalités. Le nouveau collège n’a pas grand-chose d’unique. Le gouvernement prend prétexte de difficultés réelles pour en finir avec l’ambition d’une scolarité commune. La gratuité ne doit pas dépendre de collectivités locales plus ou moins riches, plus ou moins engagées dans la réduction des inégalités. La réussite des élèves ne doit pas dépendre des familles, ni de dispositifs d’« aide aux devoirs » marchands ou bénévoles. Au contraire, toute l’école doit être refondée sur le modèle de l’élève qui n’a qu’elle pour réussir.

 

 

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