Réseau école du Parti communiste français

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Nouvelle stigmatisation de la Seine Saint Denis, nouvelle étape dans la construction d’une école inégalitaire.

Nouvelle stigmatisation de la Seine Saint Denis, nouvelle étape dans la construction d’une école inégalitaire.
Marine Roussillon, animatrice du réseau école du PCF
Nathalie Simonnet, secrétaire départementale du PCF 93.
 
Pour la Seine Saint Denis, comme pour tous les territoires, nous revendiquons l’égalité et la qualité de l’enseignement pour tous les élèves.
 
Mais l’idée que tous les enfants sont capables de réussir ne semble pas partagée par tous. Quand, mercredi 19 novembre, madame Vallaud-Belkacem, accompagnée de Claude Bartolone, se déplace en Seine Saint Denis, ce n’est pas pour annoncer que le gouvernement aurait, enfin, créé les conditions nécessaires au recrutement d’enseignants à la hauteur des besoins. Non. La ministre de l’éducation nationale, en réponse aux mobilisations des personnels, a affiché sa conception inégalitaire de l’école en fonction des territoires.
 
Elle propose en effet, pour la Seine Saint Denis et l’Académie de Créteil, un concours « spécifique » ouvert aux candidats ayant échoué dans le reste de la France et d’étendre la formation en alternance des enseignants à la première année de master ! Bref, un vrai faux master, sans exigence de qualité  universitaire, sans possibilité de lien avec la recherche didactique et en sciences de l’éducation, sans reconnaissance salariale…
 
Quel mépris pour ce territoire, quelle insulte aux classes populaires !
D’autant que ces mesures viennent s’ajouter à une longue liste noire.
 
D’abord le désengagement de l’État, en particulier sous la direction de Claude Bartolone. Président du Conseil général, il a imposé le recours au Partenariat Public-Privé pour la construction de collèges, et ouvert grand la porte des établissements scolaires à la BNP Paribas.
 
Et maintenant, face à la pénurie de recrutement organisée à l’époque de Sarkozy avec les 80 000 postes supprimés, la fuite en avant. François Hollande et son gouvernement ont bien promis le rétablissement de 60 000 postes d’ici 2017, mais ils n’ont pas pris en compte la hausse démographique et les nouvelles modalités de recrutement et de formation ne parviennent pas à pourvoir les postes ouverts ! Alors, pour les enfants de pauvres, pourquoi s’embarrasser de critères contraignants ?
 
D’un recteur démarchant les étudiants en dernière année de licence pour venir compléter les emplois du temps des collèges et lycées, on en est venu au recours à Pôle Emploi et aux petites annonces sur le site du Rectorat de Créteil. Ne sont réclamées que « des compétences » dans une discipline et une lettre de motivation, mais pas trop lourde (« pdf, pas plus de 500 ko » !). Niveau universitaire, licence, mais pas forcément dans la discipline enseignée.
 
Cette année, la Rectrice vient même d’autoriser les étudiants à se grouper pour leur mémoire de Master 2, à deux ou trois et d’abaisser le volume requis de cinquante à trente pages !
Jusqu’où ira-t-on ?
 
Madame Vallaud-Belkacem oserait-elle proposer de telles mesures à d’autres académies ? La ministre veut-elle profiter de la gravité de la situation en Seine Saint Denis pour en faire le laboratoire de ses politiques inégalitaires ? De la part d’un gouvernement qui a renoncé à lutter contre les injustices, qui maintient le détricotage de la carte scolaire, nous craignons que ces mesures soient révélatrices de l’idée qu’il se fait de l’éducabilité de tous.
 
Depuis des années nous réclamons un véritable investissement de l’Etat pour une éducation de haut niveau pour tous et nous pointons quatre dossiers prioritaires :
 
• Une réflexion de fond sur les savoirs enseignés et leur transmission. Comment construire l’école de la réussite de tous ? Il y a besoin d’enseignants, mais pour faire quoi, avec qui ? La nécessaire transformation des contenus et des pratiques ne se fera pas sans les enseignants : les former, leur donner le temps et les moyens de faire évoluer leurs pratiques, doit être une priorité.
 
• Une reconstruction de la formation initiale et continue des personnels : organisation de pré-recrutements d’enseignants dès la licence, permettant de poursuivre des études de niveau master qui intègrent une formation professionnelle progressive et en lien avec la recherche, rétablissement d’un accompagnement à l’entrée dans le métier et d’une formation continue de qualité. Dès maintenant, il faut sécuriser les emplois d’avenir professeurs déjà recrutés et les payer dès l’année de M1, attribuer des bourses aux inscrits aux concours de 2015 pour qu’ils puissent se consacrer à leurs études et donner des décharges de service aux contractuels pour qu’ils puissent se former et réussir les concours.
 
• Une revalorisation des salaires : il est clair, qu’avec une entrée dans le métier aux alentours de 1600€, à bac +5 on se prive de nombreux candidats. Tout particulièrement en région parisienne, les conditions d’accueil et l’aide au logement des nouveaux enseignants doivent d’urgence être améliorées.
 
• Une réelle amélioration des conditions de travail des personnels, donnant à tous le temps de se former, d’échanger, de réfléchir sur ses pratiques et de les faire évoluer.
 
Communiqué du 24 novembre 2014.
 

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