Réseau école du Parti communiste français

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L'Humanité du 15/10/14 : Que doit enseigner l'école aux nouvelles générations ?

"Dès le primaire : 
un programme interrogatif" par Edgar Morin, sociologue, philosophe 
et auteur 
de l’ouvrage Enseigner 
à vivre 
(Éd. Actes Sud) 

Un programme interrogatif conçu pour interroger l’homme, découvrir sa triple nature, biologique, psychologique donc individuelle et sociale. Interroger la biologie, pour découvrir que tous les êtres vivants sont de mêmes matières que les autres corps physico-chimiques et en diffèrent par leur organisation. Pour comprendre ce qui inscrit l’humanité dans le monde physique et vivant et ce qui l’en différencie, je propose de raconter l’aventure cosmique telle qu’on peut se la représenter actuellement, en indiquant ce qui est hypothétique, ce qui est inconnu, ce qui est mystérieux ; la formation des particules, l’agglomération de la matière en protogalaxies, puis la formation des étoiles et des galaxies, la formation des atomes de carbone au sein de soleils antérieurs au nôtre, puis la constitution sur terre, peut-être avec le concours de matériaux venus de météorites, des macromolécules ; de poser le problème de la naissance de la vie, ce qui fait surgir celui de la nature de l’organisation vivante. Alors physique, chimie, biologie, tout en devenant des matières distinctes, ne seront plus isolées... Lire la suite sur l'Humanité.fr

"Les programmes scolaires, véritable enjeu politique" par Marine Roussillon, responsable 
du réseau 
école du PCF

La question des programmes scolaires apparaît souvent comme une question technique, réservée aux experts. Les conditions d’élaboration et de discussion des nouveaux programmes renforcent cette impression : la « consultation » des enseignants est une fois de plus expéditive, rendue difficile par la dégradation des conditions de travail en cette rentrée. Et rien n’est fait pour instruire et organiser un débat démocratique au-delà des murs de l’école. Pourtant, quoi de plus essentiel à la démocratie que ce que la collectivité transmet, par le biais d’une institution obligatoire, à l’ensemble des futurs citoyens ?

Pour les communistes, la refondation des programmes doit se donner un double objectif : démocratiser l’appropriation des savoirs et construire une culture commune de haut niveau. L’évolution de la société rend nécessaire l’appropriation par le plus grand nombre de savoirs complexes. Mais l’école ne peut pas tout enseigner. Pire, elle échoue déjà à transmettre à tous les contenus fixés par les programmes. Comment concilier ambition et égalité ? Il est tout d’abord nécessaire d’affirmer que l’école a les mêmes ambitions pour tous les élèves : cela implique d’en finir avec les objectifs différenciés (le socle pour les uns, les programmes pour les autres), mais aussi avec la prolifération des options et l’individualisation des parcours. Il importe ensuite de ne pas dissocier la réflexion sur les contenus de celle sur les pratiques d’enseignement. Refonder les programmes sans rien prévoir pour la formation continue des enseignants, comme le fait le gouvernement, c’est vouer la réforme à l’échec ! Enfin, si l’on veut enseigner des choses plus complexes à plus d’enfants, il faut du temps. La refonte des programmes, pour être efficace, devrait aller de pair avec un allongement du temps scolaire : une obligation scolaire étendue de trois à dix-huit ans, avec le droit à l’école dès deux ans pour les familles qui le souhaitent et la restitution de la demi-journée d’école supprimée par la droite. Et les contenus ? Face aux inégalités croissantes dans l’appropriation des savoirs, se replier sur un corpus limité de « fondamentaux » (lire, écrire, compter, cliquer…), c’est réduire la mission de l’école à la transmission du bagage indispensable pour évoluer dans notre société. Nous, communistes, faisons au contraire le pari d’une conception évolutive et vivante de ce qui est transmis et construit par l’école : non pas un « bagage » constitué une fois pour toutes mais des pratiques de construction de la connaissance qui peuvent prendre pour support des objets divers et qui permettront aux adultes de demain non seulement d’évoluer dans la société, mais de la faire évoluer. Nous attendons donc des nouveaux programmes qu’ils rompent avec la logique d’accumulation des savoirs dans d’interminables listes pour privilégier une logique d’approfondissement et la construction d’une culture cohérente.  

Comment l’école peut-elle articuler la transmission d’un patrimoine et l’ouverture d’espace de liberté et d’action rendant possible la transformation de l’individu et de la société, indissociablement ? C’est la question politique essentielle posée par l’élaboration des programmes : comment construire le commun nécessaire au débat démocratique tout en ouvrant la possibilité d’un dissensus et d’une conflictualité ? Dans cette perspective, la question du rôle politique de l’école – permettre aux adultes de demain de faire société et de décider ensemble quelle société ils font – ne saurait se résoudre dans un cours d’éducation civique et morale. Qu’est-ce qu’un cours prônant le respect et le vivre ensemble quand tous les autres cours portent un regard méprisant sur la culture familiale et construisent l’exclusion ? C’est la définition même des contenus enseignés et des pratiques d’enseignement qui fonde la possibilité d’un en commun ou qui produit au contraire de l’exclusion.  

"L’école ne peut plus être 
ce qu’elle a été" par Denis Paget, de l'Institut de recherche de la FSU et membre 
du Conseil supérieur des programmes 

On ne peut plus repenser le contenu d’une culture scolaire commune en se référant à ce qui existe ou a existé. Nous vivons dans un univers bouleversé par les révolutions scientifiques et technologiques, par de nouvelles pratiques culturelles. L’évolution du monde nous oblige à nous ouvrir à une multitude de cultures et de visions de ce dernier. Nous devons nous envisager autant comme citoyens du monde qu’héritiers d’une vieille nation. L’évolution de la famille et ses conséquences sur l’éducation des enfants participent également de ce renouvellement. Il faut prendre la mesure de ces bouleversements pour repenser les contenus scolaires, les manières de les enseigner et de les apprendre. « Lire, écrire, compter » ne sont plus les seuls apprentissages indispensables. Nous devons apprendre une multitude de langages : scientifiques tels le numérique, les langues étrangères, les langages des sons et des images, le langage du corps. Communiquer et penser dans tant de langages impose à l’individu contemporain d’entrer dans des systèmes et des réseaux qu’il doit comprendre et hiérarchiser. Il doit en même temps acquérir des automatismes de lecture et de production d’oraux, d’écrits, d’images ou de gestes. L’école doit former les enfants à se séparer de leur comportement d’usagers pour qu’ils adoptent une position distanciée qui les aidera à considérer ces langages comme des objets et des véhicules du savoir. C’est ce décentrage que notre système éducatif ne parvient pas à transmettre aux nombreux élèves en échec.   Lire la suite sur l'Humanité.fr

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