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Affaire Léonarda : la loi contre les valeurs? Respecter le droit à l'éducation

Nous partageons l'indignation générale face à l'expulsion de la jeune Léonarda. Elle intervient à la
suite d'autres expulsions et notamment celle d'un élève d'un lycée professionnel parisien, Katchik.
Dans les commentaires sur cette affaire, il est de bon ton de mettre en cause les modalités ou les
circonstances de l'expulsion mais de rappeler que la loi doit être respectée et appliquée. La loi
serait donc juste mais les méthodes seraient contraires aux « valeurs de la gauche ». Et si c'était la
loi qu'il fallait remettre en cause?
 
Comment en effet comprendre que l'on ne cesse de parler de la nécessité pour les « étrangers » en
situation irrégulière de montrer leur volonté d'intégration pour pouvoir être régularisés et que l'on
refuse de tenir compte de la scolarisation des élèves dans le service public français d'éducation, lieu
par excellence pour les enfants d'intégration et de formation aux valeurs de la République?
Comment invoquer la loi et ignorer le droit de tout enfant à l'éducation, reconnu par des textes
internationaux dont la France est signataire? Si Nicolas Sarkozy avait été obligé en 2005 de donner
des consignes pour que la police n'intervienne pas à l'école et autour de l'école en matière
d'expulsion et pour que l'on n'expulse pas les élèves avant la fin de leur année scolaire, c'était certes
parce que de telles pratiques provoquaient des mobilisations immédiates mais ces mobilisations
s'appuyaient sur ce droit imprescriptible à l'éducation : en effet comment garantir l'effectivité de ce
droit si l'école devient un lieu où l'on doit sans cesse craindre l'expulsion ou si les familles ont peur
de conduire leurs enfants à l'école? Comment le garantir si l'on expulse des élèves en cours de
scolarité sans se préoccuper de la rupture que provoque une telle expulsion?
 
C'est pourquoi il faut non seulement que Léonarda, Katchik et les autres puissent revenir mais il
faut modifier les règles. La gestion de l’immigration par des expulsions systématiques ne peut durer.
Nous demandons en particulier que la police n'interpelle pas des enfants ou des familles en situation
prétendue irrégulière dans le cadre de l'école ou à proximité des établissements scolaires, qu'il soit
clairement stipulé que les enfants scolarisés puissent mener jusqu’au bout les études engagées.
Nous demandons qu'il soit précisé que la scolarisation des enfants doit être un des éléments
déterminants d'appréciation pour les décisions de régularisation.
 
Paris, le 17 octobre 2013

 

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