Réseau école du Parti communiste français

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Refondation de l'école : le débat continue, la mobilisation doit s'amplifier ! Communiqué du réseau école du PCF, 25 mai 2013.

Le Sénat a adopté la nuit dernière une nouvelle version de la loi de refondation de l'école, avec les voix des sénateurs communistes. Le groupe CRC a fait le choix de préserver les quelques avancées qu'il a obtenues dans une bataille parlementaire difficile, permettant ainsi la poursuite du débat à partir d'un texte moins préoccupant que celui qui était sorti de l'Assemblée nationale. Le vote définitif de la loi interviendra après une deuxième lecture. Les parlementaires communistes se prononceront alors au vu des débats et des évolutions qu'ils auront permises.

 

Le travail de la commission et les amendements des sénateurs communistes ont fait reculer le gouvernement sur des aspects préoccupants de la loi. La régionalisation prévue de la formation professionnelle initiale est ainsi pour l'instant mise en échec : l'État restera le premier décideur de la carte des formations, en concertation avec la région. En cas de désaccord, le recteur tranchera. Les deux amendements du gouvernement issus du projet de loi de décentralisation, confiant à la région la définition et la mise en oeuvre d'un "service public de l'orientation tout au long de la vie" ont été retirés.

 

Des reculs ont aussi été obtenus sur la définition du socle commun de connaissances, de compétences et de culture. Les sénateurs communistes ont obtenu un amendement qui affirme que ce socle ne doit pas constituer un minimum, mais au contraire qu'il doit permettre à tous "la poursuite d'études, la construction d'un avenir personnel et professionnel et préparer à l'exercice de la citoyenneté". La nouvelle version du texte contient ainsi des points d'appui pour affirmer la nécessité de rompre avec le socle Fillon et d'adopter un même niveau d'exigence pour tous les élèves.

 

D'autant que l'article 3, énonçant les ambitions de la loi, a été réécrit. Il n'y est plus question d'égalité des chances. Au contraire, l'égale capacité de tous les élèves à apprendre est affirmée. Si ce principe du "tous capables" entre dans le code de l'éducation, il constituera un point d'appui pour tous ceux qui veulent une transformation progressiste de l'école, une école de l'égalité, assurant la réussite de tous.

 

C'est pour préserver ces premières avancées que le groupe communiste a fait le choix de ne pas faire échouer le texte du Sénat. Ce faisant, il s'est inscrit dans une démarche de construction à gauche. Si le gouvernement choisissait de trahir cette démarche en revenant sur les amendements adoptés par sa majorité, comme il l'a fait lors du débat sur la loi d'amnistie, il prendrait une lourde responsabilité.

 

Ces premières avancées constituent des points d'appui, mais elles sont loin de suffire à placer la loi Peillon à la hauteur de l'ambition d'une véritable refondation. Le débat se poursuivra  à l'Assemblée nationale et à nouveau au Sénat dans les semaines à venir. Les parlementaires y porteront de nombreux amendements pour affirmer des exigences égales pour tous les élèves, assurer la place de l'éducation artistique dans l'éducation nationale, en finir avec les sorties précoces du système éducatif et relancer le collège unique, aller plus loin dans la  mise en oeuvre d'une politique de mixité sociale à l'école, faire preuve d'ambition pour la formation des maîtres. Malgré la défense faite aux parlementaires de déposer des amendements engageant des dépenses supplémentaires, ils continueront à se battre pour un véritable pré-recrutement des enseignants et pour un statut de représentant des parents d'élèves. Ils défendront un allongement de la scolarité obligatoire pour garantir à tous le droit à l'éducation de 3 à 18 ans. 

 

La mobilisation doit maintenant s'amplifier pour battre en brèche la mise en concurrence des établissements et des territoires, réaffirmer le caractère national de l'éducation, en finir avec le socle commun et l'école à plusieurs vitesses, bref, pour imposer la rupture avec les politiques libérales qui asservissent l'éducation aux objectifs de rentabilité et d'employabilité. La place croissante des savoirs dans notre société l'exige. Soyons à la hauteur des défis de l'avenir !

 

Il y a actuellement 1 réactions

  • Bonjour l'ambiance !

    Magali ESCOT, responsable nationale éducation PG, accuse aujourd’hui les « députés communistes » (mais aussi les députés FASE, même si elle les « oublie »), d'être des vendus qui ont « abandonné leur mission dans la construction du rapport de force pour la Révolution citoyenne », au motif qu’ils ont voté la loi de refondation de l’école. L’appareil du PG, qui n’a plus, - et pour cause -, le moindre représentant au Parlement, se croit désormais autorisé à mettre les députés Front de Gauche dans le même sac que les « solferiniens » ! Le réseau école du PCF, avait, lui donné un avis favorable sur cette loi, qui si elle n’est pas celle du PCF, va dans le bon sens. La conclusion fait doucement sourire : « Le Parti de gauche comme les forces sociales de ce pays ne sont pas dupes ». Mais de quelles forces sociales le PG parle-t-il ? A vouloir convoquer le « peuple », de manière fantasmée et imaginaire, à vouloir s’opposer systématiquement à la moindre avancée, quand elle existe, le PG démontre plus que jamais son gauchisme.

    Par Gautier WEINMANN, le 06 June 2013 à 11:49.