Réseau école du Parti communiste français

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Le 5 mai, pour l’école de l’égalité aussi !

 

Pour l’enseignement public, de la maternelle à l’université, partout en Europe les mêmes mesures ont été prônées : réduction de l’investissement public, gestion managériale et mise en concurrence. Et là où elles ont été appliquées avec le plus d’acharnement, ces mesures ont conduit au même type de résultats : accroissement des inégalités, affaiblissement du niveau scolaire, développement d’établissements ou de filières pour les riches et pour les pauvres. Dans les écoles primaires et les établissements secondaires, la désespérance s’installe, le chacun pour soi gagne du terrain, les difficultés à enseigner sont chaque jour plus importantes. Dans les universités et le monde de la recherche, c’est la course aux financements et à « l’excellence » sonnante et trébuchante, le temps pour l’enseignement et la recherche se réduit comme peau de chagrin, les filières générales sont de plus en plus paupérisées. Le moment est venu d’en finir avec la « Stratégie de Lisbonne ».

Le système français d’enseignement souffre particulièrement de cette évolution. Ici, les ambitions scolaires avaient été particulièrement élevées. Mais la politique de démocratisation n’était pas allée à son terme. Et la purge néo-libérale n’a fait qu’exacerber les inégalités. C’est d’un véritable nouveau départ qu’a besoin notre école publique. Une école qui apporte à tous le même bagage de savoirs utiles à la vie en société, de sens critique, de goût pour les sciences et la culture. Une école qui prend le temps d’apprendre à tous et d’inculquer le sens de ce que nous avons en commun. Une école qui ait les moyens d’un enseignement ambitieux et émancipateur.

De l’élection de François Hollande à la présidence de la République, on savait qu’il ne faudrait pas tout attendre. Mais, alors même que ce gouvernement a fait de l’éducation sa priorité, force est de constater que son action est sans rapport avec ce qu’il s’agirait d’entreprendre.

Bien sûr, nous ne pouvons qu’approuver l’ouverture de perspectives en matière de création de postes et les quelques progrès observés en matière de scolarisation à deux ans et de formation des enseignants. Mais la réforme des rythmes scolaires, faute de cadre législatif clair et de financement pérenne, risque de faire exploser les inégalités entre territoires. Et la loi d’orientation et de programmation du Ministre de l’Education nationale ne pose aucune perspective en matière d’extension de la scolarité, de refonte des programmes, de consolidation des apprentissages et de revalorisation des métiers. Elle reste dans le flou sur la laïcité et sur le fonctionnement démocratique du service public. Pire, elle reprend à son compte les vieux mots d’ordre de « l’individualisation », de « l’égalité des chances » et de la « formation tout au long de la vie ». Et surtout elle consacre le « socle de connaissances et de compétences », seulement élargi à la notion « culture », mais toujours aussi fidèle aux principes de la stratégie de Lisbonne et à tout ce que les officines patronales européennes ont imaginé pour imposer des écoles à plusieurs vitesses.

Le projet de loi d’orientation sur l’enseignement supérieur et la recherche de la Ministre de l’Enseignement supérieur et de la recherche, ne propose quant à lui aucune rupture avec la loi Libertés et Responsabilités des Universités, pourtant fortement combattue par l’ensemble de la communauté universitaire. Les établissements conserveraient la gestion globale du patrimoine, des salaires et du fonctionnement. Rien ne serait entrepris pour améliorer les conditions de vie et l’encadrement pédagogique des étudiants. Ni pour résorber la précarité des personnels, de nombreux obstacles empêchant l’application des quelques mesures adoptées dans le cadre de la loi Sauvadet. Les agences de régulation de la recherche resteraient toujours aussi opaques. L’emprise du monde économique serait même renforcée par la création d’une mission de transfert de la recherche. Les établissements publics seraient contraints à la cohabitation avec des établissements privés, au sein de structures communes.

 

Force est de constater qu’en quelques mois, ce gouvernement s’est coulé dans le cadre des politiques scolaires et universitaires de type « néo-libéral ». La spirale de l’austérité met d’ores et déjà en péril les quelques moyens obtenus pour l’école primaire et entrave toute ambition de transformer le système d’enseignement dans un sens égalitaire. Les réformes structurelles, des faux-semblants de la réforme des rythmes aux attaques en règle de la réforme universitaire, attestent de la conversion durable des dirigeants socialistes aux dogmes de la « stratégie de Lisbonne ».

On ne sortira de cette impasse qu’en remettant en cause le cadre de ces politiques, récusées par le peuple chaque fois qu’il a été consulté sur le sujet. La question aujourd’hui posée est celle d’une modification d’ensemble du fonctionnement de nos institutions. La perspective de la VIe République, pour nous éducateurs, parents, jeunes, va de pair avec celle d’une réappropriation populaire de l’avenir de la société et de son école. C’est aujourd’hui l’affaire de tous ceux qui ont contribué à chasser la droite. Changer de cap maintenant, pour l’école et pour l’ensemble de la société.

Toutes et tous à la Bastille, le dimanche 5 mai 2013, à 13h30 !

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