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Les enjeux du temps scolaire. Une perspective historique.

 

Note sur l’histoire du temps scolaire dans le premier degré et les différentes réformes successives dites des rythmes de l’enfant

De la fin du XIXème siècle jusqu’à 1969, les écoliers avaient classe toute la journée du lundi au samedi inclus, sauf le jeudi après-midi, cela représentait 33h hebdomadaires.

Depuis 1969, les enfants avaient 27h de classes par semaine, soit 4 journées (6h) plus le samedi matin (3h). L’année de 32 semaines X 27h hebdomadaires comptait donc 864h.

Une première suppression équivalant à une heure hebdomadaire (en fait, un samedi matin sur trois vaqué) a eu lieu dans les années 1980, pour favoriser les réunions pédagogiques. À la même époque, il y a eu une première réforme dite des rythmes, qui n’a pas porté sur le temps scolaire mais sur la complémentarité avec le périscolaire : création des CLAE (centres de loisirs associés à l’école) par exemple.

En 1995, réforme des rythmes scolaires (Présidence Mitterrand, Ministre Royal), sans toucher au volume horaire de l’année, des villes expérimentent d’autres répartitions sur l’année (semaines de 4 jours et vacances raccourcies notamment).

En 2008, une nouvelle réforme des rythmes scolaires a eu lieu sous la présidence Sarkozy (Ministre Darcos) : le temps d’enseignement a été réduit à 24h avec la suppression du samedi matin. Cette perte de 3h hebdomadaires pendant 32 semaines sur 9 ans (de la toute petite section de maternelle au CM2) équivaut à 864h, soit exactement le volume horaire d’une année scolaire. Telle qu’elle était dans les années 70. Il faut rappeler que c’est la même session parlementaire qui a augmenté le nombre de disciplines à l’école primaire (avec langue vivante, l’histoire de l’art et les « éducations à ») : les enseignants sont sommés de faire plus de choses en moins de temps, ce qui prépare la réforme dite du « socle commun », qui coupe le programme en deux entre l’obligatoire et ce qui est facultatif selon la vision que l’on a de ses élèves ; c’est un moyen, sans le dire et imposé d’en haut, de rompre avec l’égalité des objectifs. Il faut ajouter à cela qu’une politique a été conduite depuis 20 ans, malgré les alternances politiques, de fermeture des classes de 2 ans, ce qui conduit à faire perdre quasiment une deuxième année de scolarité aux élèves français (un peu moins, puisque les samedis matins de la toute petite section ont déjà été déduits dans le calcul).

Une nouvelle réforme des rythmes scolaires, sous la présidence Hollande (Ministre Peillon) intervient en 2012. Elle ne remet pas en cause cette suppression du samedi matin du giron de l’école et invite à répartir les heures de la semaine de façon variable, en incitant les villes à prendre en charge ou sous-traiter au privé ces heures supprimées du samedi matin. Deux façons de voir les choses : celle qui prend les réformes séparément et valorise le choix de Peillon de proposer un mode de garde alternatif pour les heures perdues du samedi ; celle plus politique et suspicieuse, qui tient compte que, par-delà le défilé des ministres, ce sont les technocrates qui impulsent la politique et avancent étape par étape, notamment Blanquer qui était au centre des circuits de décision depuis tout ce temps : la réforme Peillon se comprend alors la suite de celle de Sarkozy : on supprime l’école d’abord, on transfère après pour que ce soit moins visible. De fait, la question du temps disponible pour enseigner est étroitement liée à celle du transfert ou pas des missions de l’école à l’extérieur.

En 2020, à l’issue du premier confinement, Blanquer Ministre de Macron montre la même ligne de cohérence pour le collège avec la tentative de réforme dite 2S2C (Sport, Santé, Culture, Citoyenneté), de suppression de l’enseignement artistique (arts plastiques et éducation musicales) et de l’EPS, pour les transférer aux clubs et aux villes (sur le modèle du mercredi) pour faire école le matin et activités périscolaires l’après-midi.

Conclusion. Le temps dont disposent conjointement les enseignants et les élèves devient un enjeu de démocratisation. De même, le rôle des collectivités, associations et l’ensemble des partenaires de l’école nécessite d’être mieux défini pour ne pas faire à la place, mais utile en complémentarité, et éviter la division et la concurrence. La pression sur le temps d’enseignement est un moyen de transférer.

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Les enjeux du temps scolaire. Une perspective historique.

le 14 September 2021

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