Réseau école du Parti communiste français

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Réouverture des établissements scolaires : adresse aux personnels

Sécurité sanitaire pour tous les élèves et les personnels avec des moyens supplémentaires

Cher-e-s collègues,

Depuis le 16 mars, le gouvernement a été contraint de recourir à la fermeture des écoles et au confinement d’une grande partie de la population, dont les élèves et leurs familles. Il préconise leur réouverture progressive le 11 mai.

La profession a fait l’effort qu’il fallait, comme elle pouvait

La façon d’agir du gouvernement avec son injonction immédiate de garantir la continuité pédagogique dès le 16 mars s’inscrit dans la manière autoritaire dont le ministère peine à gérer l’éducation depuis son arrivée au pouvoir.

Les outils techniques et pédagogiques d’enseignement à distance n’étaient pas opérationnels, aucun accompagnement institutionnel n’a réellement été opéré : l’adaptation aux nouvelles modalités d’enseignement a dû se faire à vitesse accélérée.

La responsabilité de la continuité pédagogique a, une fois de plus, porté sur les enseignants de manière individuelle, accentuant les disparités selon les ressources et disponibilités personnelles, et les plongeant souvent dans un grand désarroi lié à une surcharge importante de travail ou les réduisant à l’impuissance.

Déjà en février 2019 le PCF dénonçait : « l’école de la confiance » selon Blanquer, une « conception de la confiance ultra-libérale : que chacun se débrouille comme il peut ! Blanquer vous fait « confiance » pour que vous vous en sortiez seuls, dans un système qui vous abandonne en vérité, qui abandonne les enseignants à la pénurie de moyens, qui abandonne les lycéens aux choix individuels de leurs parcours ».

https://www.pcf.fr/pour_une_cole_en_commun

Blanquer profite de la crise pour détricoter encore plus le service public d’éducation

Alors le gouvernement n’est pas crédible lorsqu’il s’alarme de l’aggravation des inégalités scolaires due à l’enseignement à distance.

Le ministre de l’Éducation Nationale se réjouit dans une adresse aux enseignants, de la mise en place de parcours différenciés et du déploiement des techniques d’enseignement à distance à l’occasion du confinement. Ce sont précisément ces méthodes libérales d’individualisation des apprentissages qui contribuent à saper les cadres communs et génèrent les inégalités. Le confinement a permis de les installer brutalement, mais elles ne doivent en aucun cas remplacer l’apprentissage en présenciel, en classe.

L’école pour tous les élèves est indispensable, dès que possible, dans de bonnes conditions.

L’école, la vraie, est celle où l’on apprend ensemble. Le collectif de la classe doit être construit comme espace d’entraide et de partage. Ce doit être une école de l’égalité et de l’émancipation, qui permette à tous les jeunes de s’approprier les savoirs complexes qui leur seront nécessaires pour être ensuite, dans leur vie d’adultes, pleinement citoyens, dans la démocratie, dans leur entreprise, pour prendre les décisions auxquelles ils seront confrontés. L’école doit se faire à l’école, et libérer la famille pour le temps du partage et des loisirs.
Pour autant, le retour en classe préconisé pour le 11 mai n’est pas satisfaisant.

D’abord parce que cet objectif semble être le « fait du roi », il va à rebours de toutes les préconisations des corps médicaux constitués.

Ensuite il est envisagé comme un service non obligatoire et les élèves auront le choix entre 4 modes d’apprentissage, à l’école ou à la maison. Ce ne sera que pour les enfants dont les familles seront contraintes de retourner physiquement au travail. Ce n’est donc pas la reprise des classes qui est proposée, mais une garderie pour les enfants des salariés de production et d’exécution.

Comme il ne peut y avoir de continuité pédagogique à distance, le confinement doit être conçu comme une interruption scolaire dont il faudra compenser les effets déscolarisants avec des mesures fortes d’augmentation du temps scolaire, de recrutement d’enseignants, de réflexion sur l’adaptation des programmes, au moment de la reprise.

Le corps enseignant ne peut être le seul recours d’enfants soumis à cet enfermement délétère lié aux restrictions de sortie qui accompagnent le confinement. Le champ associatif, sportif, socio-éducatif, doit être également mobilisé pour les accompagner au mieux dans cette période difficile. Mais comme toutes les communes ne sont pas à égalité de moyens, il leur faut des moyens d’État supplémentaires.

Poser les conditions de la reprise

Suite aux dernières déclarations du Ministre Blanquer, on ne peut accepter la volonté du gouvernement de faire porter la responsabilité des conditions de la réouverture des établissements scolaires aux équipes éducatives, chefs d’établissements ou encore les maires et élus locaux avec un délai court de mise en œuvre et sans moyens supplémentaires. Cela met en tension familles, personnels, élus, intervenants de la culture et du sport extérieurs à l’école.

Il faut un cadrage national et des moyens humains et matériels conséquents. Ce cadrage national doit être débattu avec les organisations représentatives des personnels de l’éducation et au parlement. Le gouvernement doit mettre les moyens pour sa mise en œuvre en visant la sécurité sanitaire de tous et la reprise de l’école pour tous les élèves.

Il faut exiger un dépistage généralisé des personnels et des élèves comme préalable à toute reprise de l’école, ainsi que la mise en place d’un groupe de travail du CHSCT sur les conditions d’une reprise pour toutes et tous, qui doit être construite avec les personnels de l’éducation, les familles et les élu.e.s.
Il faut que les instances soient consultées : instances paritaires, CDEN, CA des établissements, conseils d’écoles, avis des DDEN…

Nous voulons des masques, des tests pour tout le monde, des effectifs réduits par classe et des conditions d’accueil permettant de respecter les gestes barrière, des locaux, nettoyés et désinfectés régulièrement…

Les suppressions massives de postes de remplaçants suite à 30 ans de politiques d’austérité ne permettront pas les effectifs réduits, c’est pourquoi il est nécessaire de lancer un plan massif de recrutement dès les concours 2020 : d’urgence, titularisation de tous les contractuels et personnels précaires ayant eu une appréciation positive et travaillant dans l’éducation depuis plus de deux ans et augmentation significative du nombre de places aux concours ; abandon des nombreuses fermetures de classes ou de postes prévues à la carte scolaire de cette année.

Nous demandons le recrutement de psychologues et des enseignants spécialisés pour reconstruire les RASED, d’infirmières scolaires, d’assistant sociaux, d’éducateurs formés, de personnels d’aide administrative, de personnels d’accompagnement aux élèves en situation de handicap, tous des personnels à statuts de la fonction publique.

Nous demandons un véritable service de santé pour tous les personnels.

Si le ministre tient à la confiance, il faut des signes forts perçus par les acteurs de l’Éducation. Pour restaurer cette confiance après des années de mépris, de mensonges et de maltraitances, il faut des gestes forts : moratoire sur l’ensemble des réformes portées par ce gouvernement et démission de M. Blanquer.

« L’école d’après » aura besoin d’un plan d’urgence

Nous appelons à la reprise d’une école pour tous les élèves, dès que possible, sans précipitation, « quel qu’en soit le coût » comme l’a dit M. Macron. Tout cela implique des aménagements à court et à long terme.

Ce sont d’intenses batailles politiques qui nous attendent à la reprise, où il s’agira d’être à l’offensive pour que l’école gagne de nouveaux moyens pour remplir sa mission au service de tous les enfants, celle d’être le lieu où l’on accède ensemble à des connaissances de haut niveau, parmi lesquelles les connaissances scientifiques dont la crise sanitaire aura démontré la nécessité.

Un plan d’urgence sera nécessaire avec des orientations nationales nouvelles, des ambitions, des moyens pour le service public national et pour les collectivités territoriales.

Il faut en finir avec le dogme libéral de l’austérité et de l’individualisation des parcours scolaires.
Pour cela, il faudra des moyens, comme pour l’hôpital, pour les services publics. L’argent existe, il faut s’attaquer à l’évasion fiscale et à la financiarisation de l’économie pour réorienter les richesses produites au service de l’intérêt général et donner à l’Etat et aux collectivités les moyens de répondre aux besoins des populations.

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