Réseau école du Parti communiste français

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[Point de vue] Investir dans les savoirs et la connaissance, une exigence de civilisation

 

Qu'un fonds de pension américain dicte sa conduite au président français pour sa réforme des retraites, est-ce que notre société peut continuer comme cela ? Nous n'en pouvons plus de ce qui mine notre système social : le capitalisme.

 

Pourtant les progrès techniques, technologiques, de santé, l’allongement de l'espérance de vie révolutionnent notre conception de la vie et notre aspiration à l'émancipation humaine. Ces progrès ont à voir avec l'élévation des connaissances et des savoirs et des capacités de la pensée et de l'intelligence humaine.

 

Par ailleurs les transformations sociales ont besoin de citoyens toujours mieux aptes à penser par eux-mêmes et à construire les rassemblements nécessaires pour dire stop à ce capitalisme tueur et destructeur d'humanité. L'enjeu de la révolution de la connaissance et des savoirs est immense. Le capital entend en faire une source de profits et adapte les systèmes éducatifs partout pour capter cet enjeu et en faire une marchandise.

 

Comment comprendre qu'aujourd'hui les personnels chargés de mettre en oeuvre la diffusion et l'appropriation de ces savoirs soient si mal traités ? Maltraités dans leurs conditions d'exercice des métiers et ils l'ont dit par des manifestations et aussi par des gestes désespérés comme le fut celui de la directrice d'école en septembre dernier. Et maltraités en ce moment avec la réforme des retraites.

 

À ceux qui ont la charge de former les citoyens et citoyennes de demain pour conduire la transition écologique, poursuivre la recherche en vue de vaincre les principaux fléaux de notre époque, nourrir et permettre aux générations de vivre dans la confiance du lendemain, protéger le monde des guerres en construisant la convivialité entre les peuples, ce gouvernement et ce système économique sans humanité veulent leur imposer comme perspective de la troisième partie de leur vie, la gêne financière et une carrière remplie d'incertitudes de salaires.

 

Comment pourront-ils enseigner une vision d'avenir à des jeunes dans un esprit de sacrifices personnels ?

 

L'enjeu d’élever à un haut niveau général de connaissances et des qualifications les générations pour faire avancer cette société passe par un déroulement de carrière sécurisant et une revalorisation des salaires des personnels.

 

On ne peut parler des retraites en éludant les questions sociales qui y sont rattachées, avant, pendant et après la vie professionnelle. La promesse d'hypothétiques primes ne peut rassurer la directrice d'école débordée de travail, cinquante heures par semaine, ni l'enseignant qui se sent trop seul dans son métier face à la disparition des métiers complémentaires à son enseignement : Rased, psychologues, aide aux enfants en situation de handicap, tâches multiples et pression de la hiérarchie, etc.

 

Pour nous, communistes, la retraite est une troisième partie de la vie qui peut se mesurer en dizaines d'années pourvu que la seconde partie préserve des forces physiques et morales suffisantes. C'est une période d'utilité publique et économique à toute la société. C'est un moment ou l’expérience et la disponibilité sont au service des générations diverses et au service de son propre bonheur. En cela nous disons qu'une réforme des retraites doit être pensée et financée dans un esprit proche de celui de 1945 pour « des jours heureux ».

 

Christian Foiret

Membre de la commission nationale d'animation du Réseau école

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