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Suicides dans l’Éducation nationale : Tristesse et colère

Ce jeudi est inhumée Christine Renon. Directrice d’école à Pantin, elle s’était donné la mort sur son lieu de travail le samedi 21 septembre, suscitant un vif émoi dans la communauté éducative. À l’appel de plusieurs syndicats, de nombreuses et nombreux enseignant·e·s sont en grève aujourd’hui, dans l’académie de Créteil comme ailleurs. En Seine-Saint-Denis, la moitié des écoles du département est ainsi fermée. Les communistes s’associent à la peine et à la colère des enseignant·e·s.

 

Le même jour que Christine Renon, Frédéric Boulé, professeur de sciences et vie de la terre à Valbonne, à l’autre bout de la France, mettait également fin à ses jours. S’il a moins fait parler de lui, son acte désespéré témoigne lui aussi de la gravité de la situation. Les suicides dans l’Éducation nationale ne sont pas seulement des drames individuels, ils sont aussi et surtout un phénomène systémique.

 

Dans les lettres qu’elle a adressées à l’institution et à ses collègues, Christine Renon décrit des conditions de travail devenues insupportables. Injonctions hiérarchiques, contradictoires, pénurie de moyens qu’il convient de gérer au mieux, démarches administratives inutiles mais chronophages… Un travail et un dévouement sans soutien ni reconnaissance aucune de l’institution.

 

Autant de petites fatigues, de petits épuisements, de petites humiliations, de petits mépris vécus au quotidien qui portent un nom : celui du nouveau management public et de l’austérité budgétaire. En cela, les gouvernements successifs et leur train de réformes sont responsables de la situation.

 

Après avoir ignoré l’événement pendant des jours, Jean-Michel Blanquer a annoncé aujourd’hui même la création d’un comité de suivi du travail des directeurs et des directrices d’école. En ce jour de deuil, cette annonce est pour le moins déplacée. Elle l’est d’autant plus que, dans le même temps, le gouvernement est en train de supprimer les CHSCT dans la fonction publique et que les données relatives aux suicides chez les enseignant·e·s ne sont toujours pas dévoilées par le ministère.

 

Les communistes exigent du ministère de prendre la situation au sérieux en publiant les données dont il dispose à ce sujet. Il en effet indispensable de connaître la vérité afin de pouvoir mieux la comprendre et y apporter des réponses. Au-delà des mots, nous attendons des actes forts : création d’une médecine du travail pour les personnels de l’Éducation nationale, maintien des CHSCT dans la fonction publique, baisse des effectifs dans les classes, respect de la liberté pédagogique, arrêt des réformes qui bouleversent l’organisation des établissements… Plus fondamentalement, il s’agit de redonner aux enseignant·e·s et aux personnels de l'Éducationale la maîtrise de leur métier et d’en finir avec l’école de la compétition et de a sélection qui a fait perdre le sens même de l’enseignement.

 

Nous serons par ailleurs particulièrement vigilants quant aux conclusions du comité de suivi du travail des directeurs et directrices d’école. Il est hors de question que le suicide de notre collègue soit instrumentalisé par le ministère au profit d’une suppression du statut de directeur et de directrice et du remplacement de ces derniers par des chefs d’établissement ou managers d’enseignant·e·s déconnectés du terrain, empreints du nouvel esprit du capitalisme.

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