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Grève du bac pro : Les communistes au côté des enseignant·e·s

 

Les enseignant·e·s en lycée professionnel sont aujourd’hui appelés à la grève des corrections du baccalauréat. Plusieurs rassemblements sont prévus devant les centres d’examens. Cette mobilisation s’inscrit dans le cadre plus général de la « grève du bac » mais entend également mettre en lumière des problématiques propre à la voie professionnelle : les enseignant·e·s dénoncent à la fois les menaces qui pèsent sur l’avenir de la filière Gestion et administration (GA) et, plus largement, la réforme du lycée professionnel.

 

Cette dernière a rencontré un écho médiatique moins important que la réforme du lycée général et technologique alors qu’elle constitue un nouveau bouleversement pour la voie professionnelle. Elle supprime ainsi de nombreuses heures d’enseignements, notamment dits généraux, alors même qu’une année de formation avait déjà été supprimée il y a une dizaine d’année. Certains enseignements généraux seront par ailleurs fusionnés avec des enseignements professionnels, au mépris de la liberté pédagogique des enseignant·e·s et de l’apprentissage des élèves.

 

Fondamentalement, la réforme constitue une remise en cause sans précédent de la voie professionnelle scolaire. Elle promeut l’apprentissage qui aura vocation, au fil des années, à se substituer aux enseignements scolaires, conformément aux souhaits du patronat et tout particulièrement du Médef. On sait pourtant combien cette modalité de formation est inégalitaire et ne permet en aucun cas aux élèves de s’émanciper. Le lycée professionnel deviendra alors plus encore qu’aujourd’hui une voie de relégation, accueillant les élèves dont ne veulent ni le lycée général et technologique ni les entreprises. Il permettra en outre au patronat de prendre en charge la formation à moindre coût, grâce à la mutualisation des moyens avec les CFA par exemple, en faisant supporter son financement par la collectivité.

 

Le lycée professionnel apparaît depuis déjà quelques dizaines d’année comme le laboratoire du néolibéralisme en matière d’éducation. Ainsi, le contrôle continu, désormais élargi au baccalauréat général et technologique, ou encore la logique des compétences y ont été expérimentés et imposés de longue date avec les conséquences délétères que l’on connaît.

 

Les communistes se battent au côté des enseignant·e·s mobilisé·e·s et revendiquent une revalorisation de la voie professionnelle scolaire. Celle-ci exigera de donner davantage de moyens au lycée professionnel. Plutôt que de supprimer des heures d’enseignement, nous proposons au contraire de donner aux élèves plus de temps pour apprendre. Les enseignements dits généraux, loin d’être une charge inutile pour les élèves, doivent avoir toute leur place dans la formation professionnelle, parce qu’ils permettent aux futur·e·s diplômé·e·s d’exercer leur métier avec un indispensable recul critique.

 

Cette ambition pour la voie professionnelle n’a de sens que dans le cadre d’une politique éducative globale. En amont, il s’agit de mieux lutter contre l’échec et les inégalités scolaires, afin que le lycée professionnel ne demeure pas le lieu dans lequel le système envoie les élèves dont il n’a pas su résorber les difficultés scolaires passées. De même, il convient, dès la maternelle, de donner toute leur place aux savoirs professionnels et techniques, dans le cadre d’une école polytechnique. En aval, il faudra par ailleurs garantir aux bacheliers de la voie professionnelle la possibilité de poursuivre dans l’enseignement supérieur, en commençant par supprimer Parcoursup et par annuler la sélection à l’université.

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