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Carnets Rouges n°16, mai 2019 : Quand le libéralisme se saisit de l'école

 

 

Carnets Rouges est disponible sur commande en version papier.

Merci de bien vouloir remplir et expédier le bulletin  de souscription disponible en suivant ce lien.

 

 

Au sommaire :

 

Edito

 

À l’heure du New Public Management Fonctionnaire, manager ou citoyen ?

Anicet Le Pors

Emmanuel Macron a décidé de s’en prendre aux salariés sous statuts, que ceux-ci soient réglementaires ou législatifs. Il a notamment stigmatisé au cours de la campagne présidentielle le statut général des fonctionnaires, le jugeant « inapproprié ». Arrivé à la tête de l’État il a d’abord parachevé la réforme du code du travail entreprise sous le quinquennat de François Hollande, imposant comme référence sociale majeure le contrat individuel de droit privé négocié de gré à gré tout en bas de la hiérarchie des normes. Restait alors à en généraliser l’application, dans le privé comme dans le public.

 

Les dispositifs comme porte d’entrée des acteurs privés dans l’école

Erwan Lehoux

De la lutte contre l’échec scolaire à la mise en place d’activités pédagogiques innovantes en passant par le développement du numérique, l’école est le théâtre d’une multiplication exponentielle de dispositifs en tout genre. Or, ces derniers, parce qu’ils sont souvent conçus dans le cadre de partenariats, constituent autant de brèches dans lesquelles des acteurs privés s’engouffrent. C’est le cas du dispositif des mini-entreprises développé dans un certain nombre de collèges, le plus souvent dans des quartiers populaires.

 

Aux origines de l’autonomie

Frédérique Rolet

Si l'on devait retenir un terme, systématiquement invoqué par les différents gouvernements, quelle que soit leur orientation politique, c'est bien celui d'autonomie, développé notamment depuis le mouvement de décentralisation des années 1980. Brandi comme remède aux problèmes posés par l’hétérogénéité croissante des publics scolarisés, il théorise l’idée d’un rapprochement avec le niveau local, supposé plus apte à la prise en compte des besoins tout en préservant le rôle régulateur de l’Etat. Portée sur l’échiquier politique par la gauche socialiste, la notion d’autonomie des établissements a été reprise par les libéraux sous une autre forme et prêté le flanc aux critiques d’une dérive marchande. Mais, dans tous les cas, le mot cache des réalités très diverses et, à ce titre, suscite tensions et résistances.

 

Des dispositifs pour prendre en charge les élèves « perturbateurs ». La tentation de la sous-traitance.

Benjamin Moignard

Les dispositifs de prise en charge des élèves désignés comme « perturbateurs » se sont largement développés depuis le milieu des années 1990 : ateliers relais, classes relais, école de la seconde chance, Établissements de Réinsertion Scolaire, Micro-Lycée… des services d’actions municipaux ou départementaux. Ils ne s’adressent pas toujours aux mêmes publics, ne mobilisent pas les mêmes formes de prises en charge ni les mêmes professionnels, mais visent tour à tour ou concomitamment à lutter contre l’échec scolaire, à réduire la violence à l’école ou à remédier au décrochage scolaire. Le public ciblé est presque systématiquement assimilé à des « problèmes de violences ou de comportements » qui viennent perturber l’ordre scolaire, alors que les Internats de Réinsertion Scolaires visent explicitement « la prise en charge des élèves perturbateurs ».

 

Poids du contrôle, choc des classements. Ce que les enquêtes internationales font (vraiment) à l’éducation

Olivier Maulini

À l’école comme ailleurs, l’évaluation est une pratique à double tranchant. Idéalement, évaluer donne des informations, ces informations permettent de réguler, la régulation apporte un progrès. Mais idéalement seulement. Qu’en est-il en réalité ? Que produit effectivement la mesure des effets de la scolarité ? La recherche en « méta-évaluation » dresse à ce propos un constat mitigé (Rozenwajn & Dumay, 2014) : plutôt positif lorsque le contrôle opéré soutient les apprentissages, négatif lorsque la peur des sanctions entraîne au contraire des manœuvres de fuite ou d’hyper-adaptation (teaching to the tests). Finalement, que savons-nous de la valeur de l’évaluation ? Qui donc l’évalue ? Et selon quels critères de légitimation ?

 

Privatisation de la formation des enseignants

Paul Devin

Une stratégie de conquête marchande de la formation des professeurs est à l’œuvre et a déjà engagé des évolutions témoignant de sa volonté discrète, patiente mais déterminée à brouiller les frontières entre public et privé. Le principe d’une responsabilité exclusive de l’État dans la formation des enseignants de l’école publique reste encore une barrière efficace mais qui ne cesse d’être contournée et dont on peut craindre qu’elle cédera progressivement sous les coups de l’offensive marchande.

 

Parcoursup : la fabrique de l’exclusion sociale

Pierre Ouzoulias

La rentrée universitaire de septembre 2018 passée, les conséquences de la loi « Orientation et réussite des étudiants » (ORE) se sont dévoilées progressivement, malgré l’intense communication gouvernementale célébrant le succès de Parcoursup qui aurait permis, dans la plus grande transparence, à toutes les bachelières et tous les bacheliers de poursuivre leurs études dans l’enseignement supérieur. Les données publiées parcimonieusement par son ministère révèlent une tout autre réalité. Deux chiffres témoignent, à eux seuls, de l’ampleur du processus d’élimination réalisé par Parcoursup.

 

Maternelle : l’obligation scolaire, promesse d’inégalités

Christine Passerieux

Comment ne pas se réjouir de l’attention portée à l’école maternelle quand le président de la République lui-même en décrète l’importance jusqu’à la rendre obligatoire et abaisser l’obligation d’instruction de 6 à 3 ans dès la rentrée 2019. Il en a ainsi « décidé » (sic) en mars 2018 et l’Assemblée nationale a voté cette mesure que le ministre qualifie de « marqueur républicain » de son école dite de la confiance. Mais qu’en est-il de la république, et de l’avenir de son école maternelle, dans ce qui est une nouvelle réforme du système éducatif ?  

 

Education prioritaire et fragmentation du système éducatif français

Marc Bablet

Au moment où l’on écrit cet article, le ministre de l’éducation nationale présente à l’assemblée sa loi « pour une école de la confiance » en jouant habilement des possibilités offertes par le système législatif des amendements pour faire passer autoritairement certaines de ses orientations. En ce qui concerne l’éducation prioritaire on assiste de la même manière à une habile manipulation qui s’appuie d’une part sur un prétendu pragmatisme dont on peut lire le sens dans les propos du ministre et de ses amis politiques et d’autre part sur la démagogie.

 

 

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