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La drôle de confiance du Docteur Jean-Michel et de Mister Blanquer

Le projet de loi « pour une école de la confiance », dite loi Blanquer, sera débattu à partir de demain par les députés. Depuis son rejet quasi unanime par le CSE le 15 octobre dernier (voir notre article), le texte est passé entre les mains de la commission de l’éducation de l’Assemblée nationale qui, non seulement, a entériné les principales mesures proposées, pourtant largement contestées, et qui, de surcroît, y a glissé quelques articles supplémentaires qui ne manquent pas d’inquiéter les membres de la communauté éducative.

 

Texte fourre-tout, le projet de loi Blanquer tel que présenté à l’Assemblée nationale prévoit pêle-mêle de limiter la liberté d’expression des enseignant·e·s (voir notre article), d’abaisser l’âge de l’instruction obligatoire dès 3 ans, de remettre en cause le CNESCO et l’indépendance de l’évaluation des politiques éducatives, de développer les expérimentations ou encore de donner aux assistants d’éducation la possibilité d’enseigner…

 

Derrière la bigarrure apparente de ce projet de loi, les différents articles qui la composent sont en réalité autant de pièces d’un puzzle très cohérent que Jean-Michel Blanquer pose rapidement et sûrement. Conjuguant autoritarisme centralisé et autonomie des acteurs locaux, le ministère compte transformer l’école au pas de course, en appliquant les pires recettes du néolibéralisme. Tandis que l’obligation d’instruction dès l’âge de trois ans, qui était déjà quasiment effective à quelques exceptions près, contraindra surtout les communes à financer les écoles maternelles privées, la liberté d’expérimenter encouragera la concurrence entre les établissements. Dans le même temps, l’évaluation pourra être utilisée comme outil politique afin d’exacerber cette concurrence tout en légitimant les certitudes pédagogiques des responsables politiques.

 

Lors de la discussion du texte par la commission d’éducation de l’Assemblée nationale, un amendement proposant la création d’« établissements publics des savoirs fondamentaux » regroupant les classes de la petite section de maternelle jusqu’à la fin du collège a été adopté. Cet amendement agit comme un cheval de Troie en insérant, in extremis, dans le projet de loi, le principe des écoles du socle. En toute cohérence avec la logique du continuum bac -3 / bac +3 consacrée par les réformes du lycée, du baccalauréat et de l’entrée dans l’enseignement supérieur, cette mesure constitue un pas de plus vers la polarisation de l’éducation, avec une première période, obligatoire, limitée aux fondamentaux, et une seconde période, facultative, qui permettra à ceux qui seront sélectionnés et qui auront les moyens de poursuivre leurs études afin d’investir dans leur capital humain.

 

La confiance si chère au Docteur Jean-Michel ne résiste décidément pas aux manœuvres de Mister Blanquer qui, en parfait apprenti sorcier du néolibéralisme, bâtit pas à pas une école profondément inégalitaire, individualiste, utilitariste, au service du capital et des intérêts de la grande bourgeoisie. Le Parti communiste français réaffirme son opposition au projet de loi Blanquer et continuera de se battre pour une école de l’égalité et de l’émancipation.

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