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Galère des heures sup' ou salaire de misère : Sarkozy, Blanquer, même chantage !

Alors que les syndicats et plus récemment le mouvement des stylos rouges interpellent le gouvernement et l’opinion quant au niveau de vie des enseignant·e·s, Jean-Michel Blanquer entend imposer une deuxième heure supplémentaire aux professeurs du second degré. Une manière, selon le ministère, de revaloriser leur pouvoir d’achat, d’autant que les heures supplémentaires seront de nouveau défiscalisées.

Comme le salariat dans son ensemble, les fonctionnaires et notamment les enseignant·e·s mais aussi les autres personnels de l’Éducation nationale subissent depuis de nombreuses années une politique sans précédent de restriction des salaires. Au nom de la maîtrise des dépenses publics, le point d’indice, à partir duquel est calculé leur salaire, est gelé en 2018 et le sera de nouveau en 2019, après l’avoir été de 2011 à 2016. En raison de l’inflation, les fonctionnaires ont ainsi vu leur niveau de vie baisser d’environ 8 %. Figurant parmi les moins bien payés d’Europe, les enseignant·e·s sont particulièrement touché·e·s. À titre d’exemple, un professeur certifié débutant gagnait ainsi l’équivalent de deux SMIC en 1980 contre seulement 1,25 SMIC aujourd’hui. Dans le même temps, le niveau de recrutement a pourtant considérablement augmenté puisque cinq années d’études post-bac sont désormais exigées.

Face à cette situation, les heures supplémentaires proposées voire imposées par le ministère sont une triple imposture. Premièrement, parce que les professeurs des écoles, qui ont pourtant les salaires les plus faibles, n’y sont quasiment pas éligibles. Deuxièmement, parce que ces heures supplémentaires réalisées par des enseignant·e·s déjà en postes représentent, une fois additionnées, des milliers de postes qui ne seront ainsi jamais créés. Prétendre que les heures supplémentaires sont un remède à l'indigence des salaires, c’est donc faire le jeu du ministère dont l’objectif premier est de réduire le nombre de postes. Troisièmement, parce que le temps des enseignant·e·s est autrement plus précieux. Les enquêtes, nombreuses, montrent que les enseignants travaillent en moyenne le double du nombre d’heures passées devant les élèves. Enseigner est un métier qui exige non seulement de faire cours mais aussi de corriger des travaux, de préparer les cours et de toujours remettre en question ses pratiques. Toute augmentation du temps effectivement passé devant les élèves, sous la forme d’heures supplémentaires notamment, nuit à la qualité des enseignements proposés.

Nous n’accepterons pas que Blanquer nous resserve les restes de Sarkozy. Nous refuserons de travailler plus pour gagner plus. Les communistes exigent au contraire l’augmentation du point d’indice, de manière à rattraper sa valeur réelle d’avant les nombreuses années de gel, et son indexation immédiate sur l’inflation. L’ensemble des primes doivent par ailleurs être intégrées dans le traitement. Le salaire des enseignants doit en outre être considérablement revalorisé, en tenant compte du niveau de recrutement effectif à Bac +5.

Plus généralement, le Parti communiste propose une nouvelle baisse du temps de travail, sans perte de salaire,  afin de lutter contre le chômage en partageant le travail mais aussi dans le but de libérer du temps pour les travailleuses et les travailleurs, condition nécessaire à l’émancipation de tous et toutes.

 

 

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