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Augmenter les frais d’inscription… et puis quoi encore ?

Édouard Philippe a annoncé en début de semaine l’augmentation des droits d’inscription universitaires pour les étudiant-e-s étranger-e-s. Une licence leur coûtera désormais 2.800 € et il faudra débourser encore mille euros de plus pour un master, contre respectivement 243 et 380 euros jusqu’à présent. Dans la foulée de cette annonce et à l’initiative d’un dépité de la majorité, la Cour des comptes a publié un rapport dans lequel elle préconise d’augmenter les droits d’inscription pour l’ensemble des étudiant-e-s. Une idée qui germait dans l’arrière-boutique d’En Marche puisqu’un proche conseiller d’Emmanuel Macron s’était déjà illustré durant la campagne présidentielle en soumettant cette proposition au futur président.

 

Au-delà de l’injustice évidente que constitue une telle barrière économique à l’entrée de l’université, il est intéressant de s’arrêter sur le discours mis en avant par le premier ministre pour justifier sa mesure. Sa “stratégie”, comme il l’écrit dans un tweet, consiste à « opérer une forme de révolution pour que notre attractivité ne soit plus tant fondée sur la quasi-gratuité que sur un vrai choix, un vrai désir, celui de l’excellence ».

 

Ce « changement de paradigme », pour reprendre l’expression d’un journaliste du Monde, en dit long cependant sur la conception que se fait le gouvernement de l’Éducation. Ni droit ni bien commun, elle serait d’abord un investissement en capital humain, dont les étudiant-e-s pourraient attendre un retour sur investissement.

 

Gratuité rimerait alors avec médiocre qualité. Aussi, s’inscrire dans une formation gratuite serait un choix par défaut, celui des étudiant-e-s qui ne sont rien, qui n’ont ni l’ambition, ni le niveau… et surtout pas les moyens économiques.

 

Un prix élevé, en revanche, serait le reflet de l’excellence des enseignements dispensés. Un nouvel exemple de l’illusion selon laquelle les prix, librement fixés selon la loi des marchés parfaitement concurrentiels, véhiculeraient des informations fiables et transparentes quant à la qualité des produits. Une théorie pourtant largement démentie par les faits, que les bulles spéculatives à répétition devraient suffire à jeter à la poubelle, au même titre que les théories complotistes et autres fake news. Ainsi, dans le domaine universitaire, les révélations récurrentes à propos des maigres contenus des cours dispensés dans les écoles de commerce démontrent s’il le fallait qu’un prix élevé n’est pas toujours gage de qualité.

 

Nombreux sont ceux qui, cependant, ont suffisamment d’intérêts à faire semblant d’y croire, au premier rang desquels le patronat et les banquiers. Les capitalistes ont bien compris que l’endettement des étudiant-e-s est une arme terrible pour faire taire futurs salariés ! Quant au pouvoir, il s’assure ainsi que les étudiant·e·s préféreront se tourner vers les filières les « rentables », au détriment des formations en sciences humaines notamment, pourtant indispensables au développement de la critique.

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