Réseau école du Parti communiste français

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À l’école comme ailleurs, c’est tous et toutes ensemble qu’on apprend !

En matière d’éducation, le gouvernement Macron n’a pas chômé depuis un plus d’un an qu’il est arrivé au pouvoir. Mise en œuvre de la sélection à l’université, suppression des séries du baccalauréat au profit d’un obscur lycée modulaire, désorganisation de la voie professionnelle au profit du patronat, abandon par l’État de l’accompagnement à l’orientation, désormais confié aux régions, mais aussi promotion des neurosciences en matière de pédagogie… Selon le ministre Jean-Michel Blanquer, il s’agit de mieux s’adapter à la personnalité de chaque élève et de récompenser leur mérite. En réalité, ne s’agit-il pas plutôt de soumettre l’éducation à la loi du marché ?

Poncif de la droite républicaine, le mérite est mis en avant ces dernières années pour justifier les réformes libérales. Des politiques d’excellence à la sélection, le monde serait divisé entre ceux qui méritent et les autres. Les élèves de quartier qui méritent d’intégrer un internet d’excellence et les autres – Jean-Michel Blanquer, en tant que recteur de Créteil, n’en était-il pas déjà l’un des promoteurs sous la Présidence de Nicolas Sarkozy ? Les bacheliers qui méritent d’être sélectionnés afin de poursuivre leurs études après le bac et les autres. Les personnels qui méritent d’être titularisés et les autres. Les professeurs qui méritent de toucher une prime supplémentaire et les autres. Les universitaires dont les projets de recherche méritent d’être financés et les autres. Et ainsi de suite…

À qui profite le mérite ?

Principe républicain par excellence, le mérite est érigé en critère de justice. La société serait juste parce que chacun y occuperait une place à la hauteur de son mérite. Pourtant, comment continuer de le croire quand on sait que plus de 80 % des enfants de cadres sont bacheliers contre moins de 60 % des enfants d’ouvriers et d’employés ? Derrière le mérite se cache en fait de multiples inégalités sociales qui profitent aux plus riches tandis qu’elles ferment des portes aux autres.

Rien d’étonnant quand on sait la connivence culturelle qui donne à certains enfants une avance considérable sur leurs camarades de classe. Rien d’étonnant quand on sait l’importance du développement d’organismes de soutien scolaire marchand qui permettent aux familles qui ont les moyens d’appuyer le destin scolaire de leurs enfants.

En fait, le mérite n’est rien d’autre qu’une idéologie qui permet à la bourgeoisie de justifier sa position dominante et l’exploitation des travailleurs et des travailleuses. Il ne s’agit pas seulement d’imposer un certain récit de la réalité pour mieux la camoufler, mais aussi d’utiliser la performativité dudit récit pour mettre en concurrence les individus entre eux.

Le mérite est un individualisme

Le mérite est utilisé pour attiser et pour asseoir l’individualisme croissant qui caractérise notre société. L’école est désormais conçue comme le lieu d’une vaste compétition entre les élèves et leurs familles afin de déterminer ceux qui méritent d’aller plus loin. Dans ce cadre, il y a ceux qui réussissent et ceux qui ne sont rien, pour reprendre les mots du Président de la république. Cette conception élitiste de l’école s’oppose nécessairement à la démocratisation des apprentissages que nous appelons de nos vœux.

Décliné dans le monde du travail, le mérite remet en cause les garanties collectives gagnées de haute lutte par les salarié·e·s. La prime au mérite en est un bon exemple. Elle incite les travailleurs et travailleuses à se dépasser et à dépasser ses collègues, plutôt qu’à se battre pour gagner de nouveaux droits pour tout·e·s. Il en va de même, dans le monde de la recherche, des financements sur projet ou sur critères d’excellence, qui mettent en concurrence les universitaires et les établissements entre eux.

Ce processus d’individualisation ne s’arrête pas là. À l’école, la logique des compétences remplace petit à petit la logique des diplômes nationaux. Or, ces derniers permettaient jusqu’alors de garantir aux salarié·e·s une rémunération à la hauteur de leur qualification, selon les grilles salariales définies dans les conventions collectives. Les futurs candidats à l’embauche devront désormais individuellement négocier leur salaire en fonction des compétences qu’ils ont acquises ou non.

Penser l’apprentissage en commun

La compétition, si elle peut avoir sa place en sport, ne fait pas avancer la société en matière d’éducation. Les enfants progressent davantage lorsqu’ils travaillent ensemble et s’entraident plutôt que lorsqu’ils sont poussés à être les meilleurs au détriment de leurs voisins. Tout comme la Sécurité sociale a permis à tout un chacun d’être soigné grâce à la mise en commun des cotisations sociales, nous avons besoin d’une école qui permettent à tous les élèves d’acquérir un haut niveau de qualification qui leur sera utile au travail mais aussi dans leur vie future de citoyen. Face aux défis auxquels fait face notre civilisation, nous avons plus que jamais besoin de mettre en commun les connaissances et les intelligences.

 

Le réseau école propose

Les communistes opposent à la conception individualiste des apprentissages un autre projet éducatif : « l’école en commun ». Aujourd’hui, la réussite scolaire dépend encore trop souvent des ressources culturelles dont les enfants ont hérité dans leur famille. Aussi, il est nécessaire de repenser les programmes et la pédagogie, pour les adapter à celles et ceux qui n’ont rien d’autres que l’école pour réussir à l’école. Il s’agit également de favoriser la coopération et la solidarité entre les élèves plutôt que la compétition.

Dans cette optique, nous revendiquons :

  • La diminution du nombre d’élèves dans les classes, afin de favoriser les apprentissages et la coopération ;

  • Le développement du dispositif « plus de maîtres que de classes » ;

  • La titularisation des contractuels de l’Éducation nationale, afin de garantir l’égalité des élèves sur tout le territoire et afin de protéger les personnels des pressions politiques ;

  • La mise en œuvre d’une véritable formation initiale et continue à destination des enseignants, qui leur permette de reprendre la main sur leur métier ;

  • Une définition indépendante des programmes scolaires, qui prendrait avant tout l’avis des enseignants et des spécialistes

  • La reconnaissance des enseignements technologiques et professionnels, constitutifs de la culture commune, et l’allongement de la scolarité obligatoire de 3 à 18 ans ;

  • La ré-institution du baccalauréat comme diplôme national, ouvrant de droit l’accès à toutes les formations du supérieur, sans autre forme de sélection ;

  • Le maintien des aides sociales pour les étudiants qui se réorientent et le développement de passerelles entre les formations, afin de donner aux élèves le droit à l’erreur.

 

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