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Note à propos des rythmes scolaires

Note à propos des rythmes scolaires, proposée par le secteur éducation du Conseil national du PCF (Février 2018)

 

De nombreux élus interrogent le secteur éducation du Conseil National sur le sujet des rythmes scolaires car ils sont dans une phase de choix au plan de leurs collectivités.

Voici quelques points de repères qui peuvent aider à la réflexion et à prendre position.

 

  1. Pourquoi y a-t-il eu une réforme des rythmes scolaires ?
    On peut cerner plusieurs raisons, en voici quelques unes parmi d'autres :

    • Le débat sur les rythmes n'est pas un débat. Il a été instrumenté pour détourner du vrai sujet à traiter : donner au service national d'éducation une ambition et des moyens pour permettre à tous les élèves d'atteindre un haut niveau de formation et de connaissances. Il n’y a pas de rythme naturel ou biologique d’apprentissage. On ne saurait confondre rythmes biologiques et rythmes d’apprentissage. Les travaux universitaires, des mouvements pédagogiques l’attestent mais aussi ceux de la neuro-biologie qui montrent que le développement de notre cerveau est produit par nos activités et ne les précède pas. La fatigue, l’ennui ne sont pas une question de rythmes naturels mais d’intérêt pour le scolaire, intérêt lié à sa compréhension, au sentiment d’avancer, de grandir. Ce qui fatigue c’est l’ennui, c’est l’échec.

    • Cela entre dans un processus de dé-nationalisation d'une partie du service public national d'éducation. C'est cohérent avec d'autres réformes en œuvre : lycée, université... ainsi l'état tente de transférer des apprentissages (sport, éducation artistique, etc...) vers les communes, des associations, voire le secteur marchand. Il réduit ainsi la dépense publique nationale en réduisant les missions des enseignants. Il fait croire aux acteurs locaux (parents élus, associations ) qu'ils ont un rôle essentiel dans la réussite scolaire. Il tente d'externaliser, au passage, le traitement de la difficulté scolaire, puisque l'un des prétextes affichés, est d'aider à la réussite scolaire des élèves.

    • Le débat sur l'exigence de la « réussite scolaire » de tous les élèves se trouve déplacé vers un débat centré sur l'élève, sa famille, les collectivités en convoquant « les rythmes biologiques » comme facteur de réussite et en dédouanant l'état d'investir dans l'éducation. C'est une opération du même type avec la mise sur piédestal des neuro sciences.

    • Les effets de cette réforme : générer des débats stériles et inconciliables entre familles, enseignants, élus; mais aussi, flatter les familles et les professionnels de l'éducation qui, du fait de l'aggravation des conditions de travail, aspirent à un week end de 2 jours complet en libérant le samedi matin.

  2. L'efficacité  du dispositif n'a pas été évaluée par le ministère.
    L'avis des professionnels de l'éducation est, sur le sujet, assez majoritairement pour dire qu'il n'améliore pas la réussite scolaire des élèves ; qu'il provoque plutôt de la fatigue, qu'il rend compliquée l'organisation de la semaine pour tout le monde, qu'il génère plutôt du stress. Avec un sentiment de gâchis et de ras le bol généré par les changements. Puisque des dérogations sont accordées au gré des influences locales, alors que la loi précise 5 matinées par semaine.

  3. Il faut du temps pour apprendre.
    Nous disons qu'il faut plus et mieux d'école.

    • La réforme a supprimé 2 heures d'enseignement aux élèves. C'est environ 4/5 d'une année scolaire perdue sur la scolarité primaire et c'est, avec la régression de l'accueil à 2 ans, près de 2 ans de scolarité en moins sur l'ensemble du 1er degré.

    • Nous disons que l'enseignement doit se faire à l'école avec des professionnels formés et en nombre plus importants que le nombre de classes. Et avec une forte ambition de la Nation : tous les élèves sont capables d'atteindre un haut niveau de formation. (renvoi au texte « l'école en commun » de la commission éducation du CN)

    • Nous sommes pour :

      1. rétablir 26 h de cours aux élèves par semaine en revoyant le calendrier scolaire.

      2. Maintenir le temps de service des professeurs face aux élèves à 24 h par semaine, ce qui implique de recruter des profs. Et revoir l'emploi de leurs heures en dehors des élèves.

      3. Mener une réflexion sur l'organisation des cours avec plus de maîtres que de classes, mener une réflexion sur les pratiques enseignantes pour donner du sens aux apprentissages des élèves et donc augmenter la formation des professionnels. Inclure ainsi l'idée d'égalité pour tous les élèves afin d'assurer à tous un parcours scolaire sans difficulté.

      4. Que le système éducatif soit repensé à partir des élèves qui n’ont que l’école pour entrer dans le scolaire

      5. que les programmes soient les mêmes pour tous les élèves avec une haute ambition culturelle.

      6. Que la questions des devoirs soit repensée à partir de l'idée que c'est à l'école qu'on apprend les savoirs scolaires, pas à la maison ni au périscolaire, que donc l'activité d'élève en dehors de l'école ne peut être qu'un travail personnel sans enjeu d'évaluation, ni de compréhension.

      7. Que tout soit mis en œuvre par un travail en commun afin que des relations de confiance, d’échange, s’établissent entre parents et enseignants.

  4. Construire un projet commun entre temps d'école et temps de loisirs.

    • Nous sommes pour la notion de droit aux loisirs en complémentarité. Si l'enseignement est du ressort d'un service public national d'éducation, les loisirs organisés contribuent à l'éducation. Il faut un service public déconcentré des loisirs. Les collectivités sur ce sujet ont un rôle à jouer et ont besoin de moyens. Les loisirs sont une affaire de professionnels qu'il faut former et à qui il faut un statut.

    • On ne peut traiter cette question des rythmes sans remettre en cause les rythmes de vie des parents qui ses dégradent du fait de l’organisation du travail.

  5. La gestion de la décision quant aux demi journées d'école.

    • La concertation avec tous les acteurs concernés est bien sûr obligatoire. Mais les intérêts sont parfois divergents. Ça ne peut être sans donner des points de repères dont certains sont exposés ici. Les élus y ajouteront les questions de moyens, de recrutement, de fragilité des dispositifs, de complexité pour les familles à changer encore leur organisation familiale et professionnelle. La loi n'a jamais prévu de pérenniser les aides financières d'état et pour cause...

    • Nous pensons qu'il faut défendre le principe de l'unité des rythmes sur les territoires voire au plan national. Les dérogations d'Académie sur les vacances scolaires sont un signal de discorde et de la dé-nationalisation du système.

    • Le principe de 5 matinées, dont le samedi matin, a notre préférence bien qu'il soit peu partagé et qu'il faille l'argumenter avec ceux des enseignants qui sont conscients que c'est l'intérêt des élèves et que c'est au service des apprentissages.

    • C'est peut-être l’occasion d'ouvrir le débat politique sur les questions d'éducation, de faire connaître le livret « l'école en commun » disponible en versions PDF et papier, de faire connaître le site http://reseau-ecole.pcf.fr et sa lettre « Luttes de classes » et enfin de diffuser la revue « Carnets Rouges » consacrées à toutes ces questions. Le secteur éducation et le comité de rédaction de la revue peuvent aider à animer ces débats.

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