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Carnets Rouges n°12, janvier 2018 : Des fondamentaux pour quelle école ?

 

 

Carnets Rouges est disponible sur commande en version papier.

Merci de bien vouloir remplir et expédier le bulletin  de souscription disponible en suivant ce lien.

Edito 

Entre fondamentaux et pensée complexe, où se trouve la bonne échelle ? Denis Paget

Il faut se rendre à l’évidence, si l’objectif d’aller toujours de l’avant en matière d’élévation du niveau de formation de la jeunesse de notre pays n’est pas contesté ouvertement, rares sont ceux qui en font un objectif essentiel des politiques publiques. La dernière campagne électorale a montré la faiblesse de réflexion de la plupart des partis politiques en matière d’éducation, le faible rôle accordé à l’éducation et la formation pour combattre le chômage et les inégalités, et au fond une vision qui fait de l’éducation de masse un coût trop lourd qui n’apporterait pas la plus-value espérée

Pour en finir avec la sélection. Christine Passerieux

Derrière un apparent consensus sur la nécessaire réussite de tous, c’est bien celle de chacun qui est à l’ordre du jour, sur fond de naturalisation du développement et de retour à l’idéologie des dons. Le mot d'ordre, c'est de mener chaque élève au plus loin de son excellence et de ses talents affirme le ministre. L’évacuation de la question sociale, ou plutôt son essentialisation signent le refus de tout projet égalitaire.

Quand les entreprises veulent s’approprier l’éducation Amélie Hart-Hutasse.Christophe Cailleaux.

« Qui aura cette idée folle, de réinventer l'école ? ». La question a été posée par le MEDEF, lors de son université d'été 2017, alors qu’il réunissait autour d’une table-ronde un bel aréopage : deux chefs de grandes entreprises, le ministre de l’Éducation nationale, la présidente de la Société des agrégés, et, last but not least, Andreas Schleicher, directeur de l’Éducation et des Compétences à l’OCDE, fondateur du classement PISA.

Action publique éducative : mesurer l’essentiel ? Paul Devin

L’usage d’indicateurs dans la gouvernance de l’action publique revendique une double perspective d’amélioration des services rendus aux usagers et de maîtrise des coûts. Il s’inscrit dans une culture du résultat qui, à en croire ses promoteurs, constituerait la garantie des finalités fondamentales de l’action publique en permettant de définir des priorités stratégiques et d’en mesurer les performances.

Penser l’autorité éducative et la transmission-appropriation des savoirs. Bruno Robbes

Les discours tenus sur la crise de l’autorité à l’école renvoient aux normes, aux fonctionnements et aux finalités de l’institution d’une part, aux fondements et aux modalités d’exercice de l’autorité enseignante d’autre part. Ils révèlent une crise de la transmission, conséquence d’une longue mutation sociétale du rapport à l’autorité et du statut du savoir, toujours en cours. Celle-ci a des retentissements sur les savoirs scolaires, l’autorité professorale et le métier d’enseignant. Ce n’est donc pas tant une crise de l’autorité à l’école que nous vivons qu’une mutation des conceptions et des pratiques de l’autorité

A propos de fondamentaux… Jacques Bernardin

Marqueur idéologique, le discours appelant à un « retour aux fondamentaux » signe la réaction en matière éducative, coup de barre qui laisse entendre que le navire école aurait dérivé de ses missions essentielles et qui en refixe simultanément l’horizon : on ne refonde plus, on restaure ! Et si possible avec une recette ancienne habillée de neuf par les neurosciences, bien repérée comme attrape-mouche d’une opinion publique désabusée d’en avoir beaucoup entendu et pas assez vu. Haro sur la globale, vive la syllabique !... Fut-il simpliste, le message a l’avantage d’être clair.

Redéfinir les fondamentaux pour permettre à tous les élèves de s’approprier les outils requis par l’école : la question du langage. Anne Clerc-Georgy

Il est coutume de considérer que les apprentissages fondamentaux se réduisent à lire-écrire-compter. Or, ce n’est pas le cas. Si nous considérons que les fondamentaux sont le socle de la scolarité de l’élève, les apprentissages fondateurs de sa capacité à apprendre à l’école, force est de constater qu’une réflexion à propos de ce qui favorise la réussite scolaire est nécessaire et qu’une redéfinition de ces apprentissages est urgente.

L’EPS, fondamentale ou pas ? Christian Couturier, Claire Pontais

La question des fondamentaux occupe l’école depuis 40 ans, avec le risque évident de hiérarchiser les disciplines et les savoirs, certains étant jugés plus fondamentaux que d’autres. A ce jeu-là, l’éducation physique et sportive (EPS) est toujours perdante, elle n’est jamais considérée comme discipline fondamentale ! Pour le sens commun la réussite à l’école permet d’avoir un « bon » métier. Or l’EPS, le sport, mais aussi les pratiques artistiques, sont plutôt du côté des loisirs, d’une préparation à l’occupation du temps libre : pas fondamental ! L’école, c’est l’écrit, l’intellect, le rationnel, or l’EPS, c’est le corps et ses techniques, le sensible, l’émotion : pas fondamental !

Enseignements artistiques et culture commune Sandrine Charrier

Dans notre société inégalitaire, l’accès au théâtre, au cinéma, aux concerts, aux musées, est lié au lieu de vie, aux revenus, et au capital culturel de la famille, comme le montrent de nombreuses études. L’évolution considérable des pratiques culturelles, des conditions d’accès aux œuvres et aux contenus culturels en particulier grâce aux outils numériques et aux réseaux sociaux, la culture du divertissement, rendent d’autant plus nécessaire que les jeunes puissent accéder - au-delà de la « culture de la chambre » ou de la « culture de la rue » - à une culture commune ouverte qui doit leur permettre, au-delà de la construction de la personne, de « faire société ».

Marianne recherche Sisyphe pour mariage républicain. Damien Boussard, Eric Saïd
Pourquoi former des citoyens ? Cette question appartient, depuis ses origines, au courant républicain. Lors de la fondation de l’école publique par les lois Ferry en 1881 et 1882, il ne s'agissait pas seulement d'instruire, mais aussi d'éduquer moralement, de constituer l'armée de la Nation, de former des travailleurs productifs et une élite, distinguée selon un idéal méritocratique et capable d'assumer la direction des institutions étatiques et républicaines. Une telle entreprise vise à établir une unité autour de valeurs largement partagées et son substrat idéologique implique la consubstantialité de la République et de la Nation.

Et si on osait enseigner les sciences ? Jean-Paul Jouary

D'aucuns s'étonnent que la fameuse « grande aventure moderne », la science, crée si peu de vocations enseignantes, répande si souvent l'ennui, laisse si peu de traces dans les mémoires, et surtout que tant d'heures de cours et de leçons apprises ne puissent rien contre les croyances les plus absurdes, superstitieuses ou fanatiques, dont on ne cesse de déplorer les ravages. Pourtant, c'est dans les milieux scientifiques que ces phénomènes s'avèrent les plus résiduels. Il faut croire que ce n'est point les sciences que l'on enseigne.

Quel métier apprend-on ? Entre taylorisation et émancipation. Adrien Martinez

Il arrive qu’on apprenne un métier. Il arrive même qu’on apprenne celui qu’on exerce. Vous allez certainement considérer, à lire ces deux premières phrases, qu’elles sont parfaitement inutiles, bien évidemment on apprend le métier que l’on fait, un métier cela s’apprend, un maçon, pour être maçon, il a appris à être maçon, un électricien, pour être électricien, il a appris à être électricien, un enseignant, pour être enseignant, il a appris à être enseignant, je ne pourrais rien objecter à cela, je pourrais juste peut-être dire qu’en écrivant ces deux premières phrases, j’ai voulu dire autre chose que cette évidence, …

 

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