Réseau école du Parti communiste français

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Apprentissage : "C'est pour mieux te former, mon enfant !..."

Par Françoise Chardin, réseau école PCF Paris.

« Si l'école faisait son travail, j'aurais du travail ». La formule provocatrice du Medef en dit long sur l'esprit dans lequel est abordé le prochain chantier de l'apprentissage et de l'enseignement professionnel annoncé par Macron en Corrèze le 4 octobre.

Ce caillassage symbolique du système scolaire est d'une extrême violence. Mettre ces mots dans la bouche d'un jeune, lui faire rejeter ce qui reste son meilleur outil d'émancipation, est particulièrement cynique. Le patronat s'est toujours méfié de l'école : les conquêtes sociales historiques d'un droit aux études, y compris pour ceux qu'on destinait à des tâches d'exécution, de l'allongement progressif de la scolarité obligatoire, de la création de diplômes de référence dès les premiers niveaux de qualification n'ont été concédées que sous la pression sociale, et avec l'espoir d'en tirer profit.

Dopé par les régressions de la loi travail imposées par un gouvernement à sa main, il aimerait aujourd'hui réorienter la formation initiale professionnelle à son profit : l'école, oui, mais pas trop ; juste assez pour qu'elle lui rabatte, par la double pression de l'évaluation par compétences et de l'orientation, des élèves calibrés intellectuellement et socialement pour répondre à ses stricts besoins. "Faire son travail", pour l'école, ce serait cela ! Il ne resterait plus qu'à former les apprentis non pas à maîtriser un métier - trop long, trop cher, trop ambitieux -, mais à exécuter les gestes professionnels de tâches rentables. Car l'apprentissage, pour le patronat, c'est piocher qui je veux, quand je veux, où je veux, comme je veux. Que les lycées professionnels se débrouillent pour et avec les autres !

Une telle conception va au rebours non seulement de l'intérêt des élèves en formation, mais de celui de la société tout entière. Il nous appartient de proposer une vision fédératrice et ambitieuse des métiers de demain, dès les premiers niveaux de qualification, et de la formation de ceux qui devront les maîtriser et les inventer.

Alors, non, le Medef, même en activant ses zélées chevillettes gouvernementales, n'embobinera pas la jeunesse !

 

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