Réseau école du Parti communiste français

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Sud Éducation 93 : La répression syndicale comme mode de gouvernance

Jean-Michel Blanquer, ministre de l’Éducation nationale, a annoncé vouloir engager des poursuites judiciaires contre la section départementale Sud Éducation 93. Cette décision inédite fait suite à l'organisation par le syndicat d'un stage syndical portant sur les questions de racisme à l’école. Nous assurons les syndicalistes incriminés de notre pleine et entière solidarité, à laquelle nos divergences d’analyse n’apportent aucune restriction.
 
Nous ne partageons ni les analyses ni les méthodes de Sud éducation 93. Notre combat contre les discriminations, à l’école comme dans la société, est étroitement lié à notre combat contre les inégalités sociales. Mais nous ne sommes pas dupes de la manoeuvre du ministre. Il s’empare d’un sujet qui divise les acteurs de l’éducation et le camp progressiste pour mieux imposer sa vision à la fois néolibérale et autoritaire de l’éducation.

La répression contre le mouvement syndical devient un mode de gouvernance. Nos camarades de Goodyear en font déjà la dure expérience. La loi travail vise à étrangler autant que possible les droits syndicaux dans les entreprises et à supprimer les recours dont disposent les travailleurs et travailleuses face aux abus patronaux. Pour le PCF, l’urgence est d’étendre la démocratie, de la porter jusque sur les lieux de travail, et sûrement pas de la museler. 
 

Rappelons donc à M. Blanquer quelques fondamentaux.

D’abord, c'est devant ses mandantes et ses mandants qu'un syndicat est responsable de la manière dont il entend organiser une formation, pas devant le ministre de tutelle. C’est une condition de la démocratie.

Ensuite, le débat démocratique doit avoir toute sa place à l’école : il n’y a pas d’éducation émancipatrice quand les enseignantes et les enseignants sont mis au pas, sommés d’exécuter et empêchés de penser. La formation de citoyennes et de citoyens libres passe par la défense du droit des personnels à débattre et à s’organiser.

Enfin, l’analyse de la société n’est pas un délit. Elle peut être ou non partagée, elle doit faire l’objet de débats et de controverses, elle ne saurait être interdite. M. Blanquer prétend-il porter plainte aussi contre les chercheurs qui utilisent des concepts qui ne lui conviennent pas ?

L’inscription de l’état d’urgence dans le droit commun vise à nous faire perdre ces repères fondamentaux.

Le réseau école du PCF invite l’ensemble des forces progressistes, les actrices et acteurs de l’éducation à s’appuyer sur les acquis de la recherche pour mener le débat sur les inégalités à l’école et construire ensemble un projet éducatif au service de l’égalité et de l’émancipation pour toutes et tous. Les États généraux du progrès social du 3 février prochain peuvent être une étape dans ce combat.

 

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