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Carnets Rouges n°11, octobre 2017 : Questions vives

Carnets Rouges est disponible sur commande en version papier.

Merci de bien vouloir remplir et expédier le bulletin  de souscription disponible en suivant ce lien.

 

Au sommaire 

Christine Passerieux Edito

Marine Roussillon La start-up nation et l’éducation page 4 

« Start-up Nation  », « État plateforme  »… Les formules dont Emmanuel Macron nous a abreuvés pendant la campagne présidentielle avaient tout l’air de slogans destinés à séduire les managers et à faire la une des journaux. Des gadgets pour donner à son programme néolibéral un petit air de fraîcheur et de nouveauté. Elles désignent pourtant un projet de société cohérent, inscrit dans la continuité des politiques néolibérales de ces dernières décennies, et qui vise une refonte profonde du salariat comme de l’État.

Choukri Ben Ayed La mixité sociale à l'école : l'urgence d'un acte II (synthèse) page 8 

En matière de mixité trois grands axes nécessitent une réflexion  : les inégalités d’éducation, les relations entre éducation et territoire, le rapport à l’école des familles populaires.

Michèle Artaud, Pierre Sémidor Une formation des enseignant.e.s universitaire : bilan et perspectives page 12 

Depuis quelques années, les divers.e.s ministres de L’Éducation nationale se sont enorgueilli.e.s d’avoir « réformé  » la formation des enseignant.e.s (FDE), et même, depuis 2012, se félicitent de l’avoir rétablie. On peut effectivement considérer que la mastérisation de la FDE, initiée en 2008, a imposé quelques modifications profondes ; selon le discours officiel, elle est devenue universitaire et professionnelle. En cette année de changement présidentiel, nous proposons un bilan de cette décennie de bouleversements avant de présenter des éléments susceptibles de fonder une FDE ambitieuse et efficiente.

Claire Pontais Des pré-recrutements pour une formation de qualité page 16 

Longtemps niée, la crise du recrutement est pourtant bien réelle et durable. Mais loin de la combattre, nos gouvernements entretiennent cette crise en proposant des bricolages qui dégradent l’ensemble du service public d’éducation. Des pistes alternatives existent, notamment celles des pré-recrutements. Encore faut-il bien définir le concept.

Carole Aimé et Nicolas Delsuc La recherche en mutation profonde, un désengagement de l'état inquiétant page 19

Si l’objectif des chercheurs, à savoir, accroitre les connaissances demeure, leurs missions ont profondément évolué depuis plus de dix ans. Ces évolutions sont directement liées aux réorganisations permanentes des structures de recherche et à la volonté de financer la recherche par appels à projets (AAP). La politique de la recherche et de l’enseignement supérieur utilise ces deux leviers pour tenter d’augmenter la visibilité des laboratoires français à l’échelle internationale et favoriser des recherches appliquées en lien direct avec les enjeux de société. Le manque de lisibilité et la difficulté à percevoir la cohérence dans la mise en place à tout va de ces outils déboussolent littéralement un grand nombre de chercheurs.

Erwan Lehoux Education : la gratuité, une question politique ! page 22 

L’éducation est-elle vraiment gratuite, au sens où chacun peut en bénéficier sans contrepartie ? Nous avons tous déjà été confrontés, comme militants, à un contre-argument banal : l’éducation, comme tout service public d’ailleurs, n’est pas gratuite puisque nous la finançons par nos impôts.

Paul Devin L’école et les parents : coopération et séparation page 25 

L’histoire institutionnelle et pédagogique du système éducatif français s’inscrit dans une tradition de clôture. On se souvient du philosophe Alain théorisant une école préservée du monde, un lieu clos protégé de la violence et épargné de la tyrannie affective des sentiments qu’il considérait comme constitutive de la relation familiale. Bien d’autres, affirmant le primat de l’organisation pédagogique et didactique, défendirent cette séparation pour mieux centrer l’activité d’enseignement sur les impératifs de l’apprentissage. Des motivations politiques ont renforcé cette volonté quand l’école républicaine voulut soustraire ses élèves aux influences cléricales et aux préjugés défavorables à la démocratisation de l’enseignement.

Nico Hirtt Les compétences, au péril des qualifications page 28

L’introduction de l’approche par compétences en éducation est étroitement liée à deux évolutions majeures sur le marché du travail : la demande de flexibilité (des travailleurs et des emplois) et l’émergence massive d’emplois peu qualifiés dans les secteurs de services. Ces deux évolutions, ainsi que le recentrage sur les compétences qui en découle, marquent également le déclin de la qualification comme mode de régulation du marché du travail, au profit de la vague notion d’ «employabilité ».

Gilbert Boche Le mérite, un marqueur de classes… page 31 

Promouvoir l’excellence et le mérite dans l’Education. (Programme de F. Fillon, présidentielles 2017). Retrouver à l’école la voie de la « méritologie  » (M. Le Pen, présidentielles 2017). Renforcer le mériteau sein de l’Etat, ouvrir la fonction publique à des talents du privé, cadres et dirigeants… Rémunérer les fonctionnaires au mérite car le seul point d’indice est démotivant (E. Macron, 13 avril 2017, agence Reuters). Assurer la transmission des connaissances, la promotion de l’excellence et du mérite contre l’égalitarisme, le vrai fléau du service public (J.M.Blanquer, Ministre de l’Education, JDD, juillet 2017). Cette promotion/inflation du mérite se double pour tous d’une promotion conjointe de l’apprentissage ; ne serait-ce que pour les « déméritants,  » ceux qui n’ont pas su saisir leur chance. Finalement, pour la pensée de droite, le mérite, c’est in.

Géraldine Rouquette Ecoles privées hors-contrat : une augmentation inquiétante. page 34 

56 300 élèves du premier et second degré (soit 0,4 % des effectifs) suivent leur scolarité dans des établissements privés hors contrat. Ils étaient environ 20 000 en 2008. Si ces structures demeurent marginales par rapport au nombre d'élèves scolarisés en France, leur nombre est en réelle augmentation (le Ministère de l'Education nationale indique une hausse de 26 % entre 2011 et 2014). Sur environ 1300 établissements recensés, seuls 300 seraient confessionnels : 200 écoles catholiques ; une cinquantaine, juives ; une quarantaine, protestantes et une quarantaine, musulmanes.

APDEN Post-vérité et éducation à l’esprit critique page 36 

Le XXe siècle a été celui de la propagande, menée par des États, par des médias, privés ou publics, mais aussi par des entreprises au travers de la publicité. Au début des années 2000, le terme employé pour nommer des vérités arrangées et diffusées auprès d’un public cible dans le but de le convaincre d’adopter un comportement déterminé était toujours celui de propagande.

Marc Moreigne Risque artistique et risque éducatif. Le couple professeur/artiste à l’épreuve de l’enseignement artistique page 40 

Au sein de l’Education nationale, l’éducation artistique occupe sans conteste une place à part. Si elle est aujourd’hui considérée par beaucoup (mais pas encore par tous…) comme appartenant de plein droit et de plein exercice aux enseignements fondamentaux et faisant partie du socle commun des connaissances et acquis indispensables, dans les faits et dans les textes son appréhension comme champ d’expériences et de savoir reste souvent nimbée d’approximations théoriques (développement de la « créativité  » et du « potentiel sensible  » de l’élève) et d’un flou méthodologique tout « artistique  ».

Marine Roussillon et Olivier Ritz Femmes et littérature : une question politique page 43

Le débat sur la place des femmes dans les programmes scolaires s’est longtemps cantonné aux programmes d’histoire. Depuis quelques années, il touche aussi l’enseignement de la littérature. Ce débat soulève des questions à la fois scientifiques (touchant à la connaissance que nous avons du passé) et politiques  : comment l’enseignement peut-il articuler la transmission des connaissances produites par la recherche, la transmission d’un patrimoine qui valorise ces connaissances de manière différenciée, les hiérarchise (le canon littéraire), et la transmission des moyens de produire soi-même des connaissances et des valeurs nouvelles ? La question de l’égalité (entre femmes et hommes, mais le même raisonnement pourrait s’appliquer aux inégalités sociales) rencontre ici celle de l’émancipation.

Marine Roussillon Ce que les femmes font aux programmes scolaires : Madame de La Fayette au baccalauréat page 43 

Olivier Ritz Ce que les femmes font à l’idée de littérature : l’écriture féminine et la Révolution page 45 

Entretien avec Frédérique Rollet SNES page 48 

Propositions de lecture page 49

 

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