Réseau école du Parti communiste français

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Loterie libérale ou éducation nationale ?

Macron, son gouvernement et sa majorité sont les représentants d'une bourgeoisie néo-libérale qui sait ce que lutte de classes, dominations économique et idéologique veulent dire. Leur prétendu pragmatisme, la bienveillance suintant le mépris de classe dont ils parent leurs discours, peinent à masquer la violence sociale de leur projet politique : servir les intérêts d'une classe et asseoir son pouvoir sur une société éclatée, composée d'individus précarisés mis en concurrence permanente.

La concomitance du vote sur les ordonnances de la nouvelle loi travail et des premières mesures du Ministère de l'Éducation Nationale signe la cohérence de cette politique : Domination renforcée du Capital financiarisé sur le Travail et, dans la droite ligne des recommandations de l'OCDE, de la stratégie "Europe 2020" élaborée par l'U.E. et des politiques des précédents gouvernements, mise en place d'une Ecole de l'employabilité et de l'adaptabilité d'individus soumis jusque dans leur subjectivité aux diktats de la "compétitivité économique".

L'urgence est bien de penser collectivement les enjeux sociaux, politiques et idéologiques de l'actuelle transformation du système éducatif, d'en comprendre les modalités, afin d'imposer une Education Nationale renouvelée qui soit celle de l'égalité et de l'émancipation, alternative à un système qui s'apparente de plus en plus à une loterie libérale.

Orientation, formation, qualification

Un constat : Blanquer renforce l'autonomie des établissements tout en proposant le contrôle continu au Bac comme solution aux insuffisances d'accueil dans l'enseignement supérieur, il renforce ainsi les inégalités sociales dans l'accès aux savoirs, aux diplômes et aux formations qualifiantes.

Des propositions :

- Affirmer et garantir le caractère national des contenus d'enseignement et des diplômes;

- Développer les capacités d’accueil dans l’enseignement supérieur;

- Tous les diplômes nationaux doivent être reconnus par des conventions collectives renforcées et garantir un même salaire pour un même emploi.

Mixité sociale, mixité scolaire

1er degré, Affelnet, APB…: la politique actuelle, en utilisant des critères et des outils de sectorisation et d'affectation qui font la part belle aux acteurs locaux et aux stratégies d'évitement, continue de renforcer les inégalités sociales et territoriales, entre élèves, entre établissements. Elle accentue ainsi le caractère ségrégatif des conditions de scolarisation.

- La politique de mixité sociale à l'école doit être inscrite dans la loi, de manière contraignante;

- L'Etat doit en être le garant, notamment en assurant une réelle égalité des contenus d'enseignement entre les établissements et en assurant la cohérence des sectorisations entre 1er et 2d degrés;

- Les cartes scolaires doivent être élaborées démocratiquement et de manière contraignante, y compris pour le privé.

Temps scolaire

Depuis la réduction du temps scolaire hebdomadaire instaurée à l'école primaire en 2008, les politiques de "rythmes scolaires" vont à l'encontre des enjeux d'égalité dans l'appropriation des savoirs. Les bricolages successifs, et notamment le dernier en date proposé par Blanquer de laisser aux communes la "liberté" de revenir aux quatre jours, accentuent les inégalités sociales et territoriales.

- Le temps scolaire (horaires quotidiens, semaine, année...) doit être élaboré dans un cadre national et tenir compte de l'augmentation des contenus d'enseignement;

- La demi-journée d'école supprimée en 2008 doit être rétablie;

- La question des difficultés d'apprentissages doit être traitée en priorité dans les classes, ce qui implique, entre autres, la poursuite et l'élargissement partout où il y en a besoin, du "plus de maîtres que de classes", dont Blanquer veut signer la fin avec les "CP à 12".

L'Ecole, un Service Public

Les logiques managériales et marchandes envahissent l'école dans ses finalités et son fonctionnement : précarisation et paupérisation des enseignants, formation au rabais, surveillance, contrôles et évaluations omniprésents et le plus souvent inopérants via le numérique et ses critères binaires, partenariats public-privé... Ces logiques contribuent à la destruction du Service Public d'Education, seul garant, s'il est transformé, d'un égal accès aux savoirs.

- Donner à l'Ecole les moyens dont elle a besoin en portant le budget de l'EN À 7% du PIB;

- Plan de dé-précarisation articulant formation professionelle, intégration par liste d'aptitude, pré-recrutement et statut fonction publique pour tous les personnels.

La gratuité, condition sine que non de l'égalité

À rebours des logiques inégalitaires de concurrence qui soumettent l'école et les familles à des intérêts financiers et marchands, il faut aller vers la gratuité complète de toutes les composantes (fourrnitures, manuels, transports, internat, inscriptions...)  de l'éducation.

-  Revalorisation des bourses;

-  Création d'un fonds national pour la gratuité.

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